Dossier réalisé avec la collaboration du conseil scientifique de la Société Francaise d'Allergologie
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L’urticaire est due à la libération massive d’histamine par les mastocytes cutanés qui sont activés par des allergènes (urticaire allergique) ou par des stimuli non allergénique (urticaire non allergique) comme la chaleur, le froid, l’effort. L’histamine agit sur les vaisseaux et induit une vasodilatation, à l’origine de l’érythème/rougeur, et une augmentation de la perméabilité vasculaire, d’où l’œdème de la peau. D’autres médiateurs produits par les mastocytes activés (leucotriènes, prostaglandines, cytokines et chimiokines) sont responsables des différentes présentations cliniques de l’urticaire.
L’urticaire allergique implique des anticorps IgE spécifiques d’un allergène qui sont fixés sur leurs récepteurs à la surface des mastocytes cutanés. La fixation de l’allergène sur les IgE induit l’activation mastocytaire. Les urticaires allergiques sont des urticaires aiguës. Elles sont explosives et associées à une activation mastocytaire généralisée responsable de signes généraux et de choc anaphylactique. Elles ne concernent qu’une très faible minorité des urticaires.
Ce sont les plus fréquentes. Elles touchent 2 % de la population.
On distingue trois formes d’urticaires :
L’urticaire non allergique est due à une activation des mastocytes par des mécanismes qui ne mettent pas en jeu les IgE mais d’autres récepteurs de membrane ou intracellulaire : récepteurs pour les neuromédiateurs (urticaire déclenchée par le stress), pour les opiacés (urticaire déclenchée par la prise de codéine), pour le complément, pour les bactéries (urticaires infectieuses).
Les patients porteurs d’urticaire chronique ont une fragilité des mastocytes cutanés qui les rend très sensibles à l’activation en réponse à un ensemble de stimuli non allergéniques comme le stress psychologique, les aliments, l’effort, les changements de température. Ces patients développent fréquemment des poussées d’urticaire induites par les médicaments.
Les formes rares
L’urticaire peut être induite par des infections (hépatite A et B, sida, distomatose, anisakiase) et doit être distinguée d’autres affections qui comportent des lésions « urticariennes » ou œdémateuses :
- œdème angioneurotique : maladie génétique se traduisant par un déséquilibre du complément (système enzymatique de destruction des antigènes),
- piqûres d’hyménoptères : abeilles, guêpes, frelons,
- affections systémiques : lupus, syndrome de Mac Duffie, maladie de Still.
Il arrive que le patient souffre d’un œdème de Quincke ou angio-œdème, douloureux plus que prurigineux, localisé dans l’hypoderme, préférentiellement situé sur le visage (paupières, lèvres) et les organes génitaux. L’œdème de Quincke peut être une complication motivant une hospitalisation en urgence, car sa localisation dans la glotte entraîne l’asphyxie.
Les urticaires physiques ont plusieurs origines : sensibilité au froid ou au chaud, réaction à la sudation, dermographisme (sensibilité au frottement), effet du stress et de l'émotion (forme cholinergique). Dans de rares cas, on rapporte des urticaires solaires (5 à 10 mn après une exposition directe de la peau au soleil), vibratoires (réaction au diapason) et aquagénique (sensibilité à l’eau). Ces urticaires ne sont pas allergiques.
Les urticaires alimentaires peuvent être de forme allergique (réaction IgE à une substance) ou plus souvent non allergique par absorption en trop grande quantité d’aliments contenant des amines biogènes (notamment de l’histamine) ou d’aliments histamino-libérateurs c'est-à-dire capables d’activer les mastocytes. Les substances le plus souvent impliquées dans les formes allergiques sont le lait de vache, les crustacés, les poissons, les œufs, les fruits, les arachides. Dans les urticaires non allergiques on retrouve des molécules contenues dans certains aliments (urticaire aux fraises), les colorants, comme la tartrazine, les conservateurs, comme les salicylates, et les contaminants (métaux).
Les urticaires médicamenteuses concernent en priorité les antibiotiques (surtout pénicilline) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (surtout aspirine). Elles représentent 15 à 20 % des cas d’urticaire aiguë. Sont aussi impliqués certains anti-infectieux, les traitements hormonaux ou enzymatiques, l’amidopyrine. Les urticaires médicamenteuses allergiques sont rares et représentent moins de 5 % des cas. Elles se développent dans les minutes qui suivent la prise du médicament et sont exceptionnellement isolées. Elles sont très souvent accompagnées de signes d’anaphylaxie (voir dossier "anaphylaxie"). Les urticaires médicamenteuses non allergiques sont les plus fréquentes et représentent 95 % des cas. Elles sont dues à la "toxicité" directe des médicaments sur les mastocytes cutanés et sont fréquentes chez les patients souffrant d’urticaire chronique.
L’évolution de l’urticaire est souvent favorable. Le traitement de l’urticaire aiguë ou chronique fait appel aux anti-histaminiques qui, pris de façon quotidienne, font complètement disparaître l’urticaire ou améliore au moins significativement l’état du patient (amélioration > 75 %). Les corticoïdes doivent être évités au maximum en raison de la cortico-dépendance que développent certains patients.
Dans les très rares cas d’urticaire sévère (œdème de Quincke, chute de tension, spasmes bronchiques) accompagnant la forme aiguë, une hospitalisation peut se révéler nécessaire. Pour faire disparaître les symptômes, le médecin prescrira alors des anti-histaminiques par voie intramusculaire, voire de l’adrénaline comme pour le traitement du choc anaphylactique.
Le traitement de fond de la maladie dépend du diagnostic établi par l’allergologue qui repose sur les tests cutanés (prick-tests). Dans les urticaires allergiques et quand cela est possible, on procède à l’éviction de l’allergène en cause. Dans l’urticaire non allergique, la prise d’anti-histaminique et le respect de règles simples d’hygiène et diététique permet de réduire le nombre de récidives, voire de supprimer durablement la pathologie.
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