Dossier réalisé avec la collaboration du conseil scientifique de la Société Francaise d'Allergologie
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Comme les autres expressions de l’allergie, le choc anaphylactique est devenu plus fréquent ces trente dernières années. Les adultes sont quatre fois plus touchés que les enfants. Le choc anaphylactique est la forme la plus sévère de l’anaphylaxie, qui peut être mortel, et donc nécessite un diagnostic précoce pour une prise en charge rapide.
L’anaphylaxie aiguë représente la forme la plus spectaculaire et dangereuse de l’allergie. Elle peut revêtir différentes formes cliniques avec une intensité variable sur divers organes: urticaire (éruption comme des piqûres d’orties ou de moustique), œdème du visage et œdème de Quincke (spasme laryngé), difficultés respiratoires, crise d’asthme (spasme bronchique), signes digestifs (douleurs abdominales, nausée, vomissement, diarrhée), malaise (pâleur, sensation de mort imminente, chute de tension), perte de connaissance voire coma. L’issue peut être fatale. Dans la plupart des cas, les symptômes apparaissent très rapidement dans les minutes après le contact avec l’allergène. La forme en 2 temps d’un choc (anaphylaxie biphasique dans 10 % des cas) justifie l’hospitalisation pour surveillance après le constat d’une anaphylaxie.
Les allergènes les plus fréquents à l’origine des chocs anaphylactiques sont les aliments, les venins d’hyménoptères, les médicaments et le latex.
Aliments - Appelés aussi trophallergènes, ils sont les premiers responsables de l’anaphylaxie (60 % des cas). Toute protéine alimentaire est un allergène potentiel. Les plus fréquents sont le lait de vache ou de chèvre, les œufs, le sésame, les crustacés, poissons, les fruits à coque tels que l’arachide (cacahuète), les noix de cajou, de pécan, pistache, amande, des fruits dits exotiques (kiwi, …).
Hyménoptères - Les venins d’abeilles, de guêpes et de frelons provoquent 16 % des chocs anaphylactiques et sont responsables de plusieurs morts chaque année en France. Une réaction forte ou sévère doit aboutir à un diagnostic précis avec des tests et à une éventuelle désensibilisation ou immunothérapie préventive.
Médicaments - Comme pour les aliments, tout médicament peut provoquer une réaction d’hypersensibilité chez un patient (16 % des anaphylaxies). Les anti-inflammatoires, aspirines, les bêta-bloquants, les antibiotiques et les produits anesthésiques sont les plus souvent impliqués.
Latex - C’est la quatrième cause d’anaphylaxie (4 % des cas), surtout chez les personnes sensibilisées et exposées régulièrement pour des raisons professionnelles ou médicales.
Anaphylaxie d’effort
Cette forme particulière d’anaphylaxie survient après ou lors d’un effort physique et est souvent associée à la consommation préalable d’un trophallergène comme par exemple le blé.
Un choc anaphylactique est une urgence médicale absolue. En cas de suspicion d’anaphylaxie, il convient de prévenir immédiatement les secours (SAMU-15, Pompiers-18) et de pratiquer les premiers gestes d’urgence. Le seul médicament de première intention de l’anaphylaxie est l’adrénaline injectable. Celle-ci se présente sous forme de stylo dit « auto-injecteur » prescrit au patient après un épisode sévère. L’allergique doit l’avoir en permanence sur lui ou à proximité en cas de contact accidentel. Outre l’adrénaline, le patient peut recevoir dans un deuxième temps des corticoïdes et des antihistaminiques pour éventuellement réduire les symptômes.
L’anaphylaxie est la manifestation ultime, la plus sévère, de l’allergie et elle est à haut risque de récidive. Elle nécessite un diagnostic précis du ou des allergènes impliqués, la mise en place d’un protocole d’action, une trousse d’urgence pour l’allergique et son entourage immédiat (reconnaissance des signes d’alerte, utilisation maîtrisée des injecteurs d’adrénaline) ainsi qu’une adaptation de son environnement (éviction, régime alimentaire, plan d’accueil individualisé - PAI - à l’école). Cette éducation thérapeutique nécessite un suivi par des spécialistes.
Mars 2012
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