Une maladie héréditaire modélisée en faisant appel à un mécanisme épigénétique

Wagner K.D., et al. Dev Cell 2008, 14: 962-9

© Inserm, Rassoulzadegan M. - Tissu cardiaque de souris visualisé en microscopie électronique ; En haut : chez la souris normale, le tissu cardiaque adopte une structure organisée caractéristique. En bas : chez la souris paramutante, le tissu a une structure typique d’un coeur hypertrophique.

Tissu cardiaque de souris visualisé en microscopie électronique

L’existence d’une modification épigénétique héréditaire chez la souris, la paramutation du gène Kit, a récemment été décrite par l’équipe de Minoo Rassoulzadegan (unité Inserm 636, Nice)*. Le transfert de molécules d’ARN via le spermatozoïde y était responsable de sa transmission à la descendance. Par transfert d’un microARN, miR-1**, dans l’oeuf fécondé de souris, l’équipe a établi une nouvelle paramutation, affectant cette fois le gène Cdk9, essentiel au développement cardiaque. La descendance des animaux développe une maladie identique, dans ses symptômes, à la cardiomyopathie hypertrophique humaine, responsable de mort subite et dont la transmission familiale demeure incomplètement expliquée par un déterminisme génétique classique. Là aussi, la transmission héréditaire chez l’animal corrèle avec le transfert, par le spermatozoïde, du microARN miR-1. Si la nature de la modification doit encore être élucidée au niveau moléculaire, de récentes études (inactivation du chromosome X, empreinte parentale, hétérochromatine) ont montré que les ARN peuvent diriger lamise en place de structures chromatiniennes particulières, et la paramutation s’inscrit clairement dans ce contexte.
* Unité rattachée à l’université de Nice Sophia-Antipolis
** Un micro ARN est une petite séquence d’ARN non codante capable de réguler la synthèse de protéines en s’hybridant à une séquence d’ARN messager.

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