Slade D, et al. Cell 2009 ; 136 : 1044-55
Deinococcus radiodurans est une bactérie exceptionnellement résistante à de nombreux stress génotoxiques (rayonnements ionisants, dessication, agents chimiques), qui fragmentent son génome en une multitude de segments.
En effet, la bactérie est capable de reconstituer son génome pulvérisé, grâce à un mécanisme de réparation longtemps resté inconnu. Une équipe dirigée par Miroslav Radman (unité Inserm 1001, Université Paris-Descartes) a précédemment découvert que la réassociation de ces fragments dépend d’un nouveau mécanisme moléculaire, nommé extended synthesis-dependant strandannealing (ESDSA), qui implique l’activité interdépendante de la recombinaison et de la réplication de l’ADN.
Pour déterminer la nature des enzymes impliquées dans ce phénomène, les chercheurs ont testé des mutants pour les recombinases RecA et RadA et pour l’ADN polymérase I. Ils ont également créé un mutant, thermosensible, pour l’ADN polymérase III. Les résultats montrent que l’intervention de RecA et RadA est préalable à la mise en œuvre de la synthèse réparatrice, dont l’initiation et l’élongation requièrent les deux polymérases.
Le système de réparation de l’ADN chez D. radiodurans fait donc intervenir des enzymes déjà connues, mais utilisées de façon plus efficace. La caractérisation de ce système constitue un pas de plus vers le développement d’une médecine régénérative.
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