Les deux allèles XPD participent au phénotype xeroderma pigmentosum

Ueda T, et al. J Exp Med 2009 ; 206 : 3031-46

Le schéma représente la protéine XPD (d’une taille de 760 acides aminés) et ses 7 motifs hélicases (I–VI). Sont positionnées les mutations détectées chez les différents patients XP hétérozygotes composites étudiés. La mutation XPD/R683W (en rouge) est retrouvée sur l’un des allèles XPD de tous les patients étudiés. Les autres mutations (en bleu, XPD/199insPP, XPD/Q452X et XPD/I455del) sont propres à chaque patient (XP34BE, XP29BE et AS553, respectivement) et sont portées par le second allèle XPD.

Position des mutations retrouvées chez les patients hétérozygotes composites étudiés et atteints de xeroderma pigmentosum (XP)

Les études sur le rôle du complexe TFIIH (transcription factor IIH)dans des processus tels que la transcription des gènes ou la réparation des lésions au sein de l’ADN revêtent un intérêt majeur quand l’on sait que des mutations de ce complexe, notamment dans la sous-unité XPD, sont à l’origine de maladies autosomales récessives comme le xeroderma pigmentosum (XP). La majorité des patients XP présente la même mutation, dite causative, sur l’un des allèles XPD, alors que la mutation retrouvée sur le second allèle diffère selon les patients et était considérée, jusqu’à maintenant, comme nulle. Or le tableau clinique est très variable d’un patient à l’autre, allant de l’apparition de troubles neurologiques plus ou moins sévères à la présence ou l’absence de cancers cutanés. Un travail mené par Emmanuel Compe et ses collaborateurs (unité Inserm 964, unité CNRS 7104, Université de Strasbourg) a montré que, contrairement à ce qui était établi, la variabilité des phénotypes observés chez les patients XP résulte de la combinaison des mutations retrouvées sur les deux allèles XPD. Ce travail devrait permettre de mieux appréhender l’émergence des phénotypes des patients, mais aussi de mieux comprendre les fonctions jouées par le complexe TFIIH.

Patient "XP34BE" (photo prise à l’âge de 24 ans). Il présente une légère hyperpigmentation de la peau au niveau des régions exposées au soleil (visage, nuque), mais pas d’hypersensibilité aux ultraviolets. À ce jour, il n’a développé ni cancer de la peau ni trouble neurologique. Patient "XP29BE" (photo prise à l’âge de 32 ans). Outre une neurodégénérescence, il a très rapidement développé une hypersensibilité aux ultraviolets ainsiqu’une hyperpigmentation de la peau au niveau des régions exposées au soleil. Son visage montre des cicatrices étendues résultant de l’exérèse de nombreux cancers. Chez ce patient, plus de 300 tumeurs cutanées ont été dénombrées, dont 24 mélanomes. Les cercles noirs sur son visage et l’épaule entourent plusieurs tumeurs. Il est décédé à l’âge de 37 ans. Patient "AS553" (photo prise à l’âge de 29 ans). Dès son enfance est apparue une hyperpigmentation de la peau ainsi qu’une hypersensibilité aux ultraviolets. Il a par la suite développé progressivement une neurodégénérescence, l’amenant à être incapable de marcher, parler ou manger. Il est décédé à l’âge de 35 ans.

Diversité des phénotypes développés par des patients hétérozygotes composites atteints de xeroderma pigmentosum (XP)

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