Chow JC, et al. Cell 2010 ; 141 : 956-69
Le développement embryonnaire précoce des mammifères femelles s’accompagne de l’inactivation transcriptionnelle de l’un de leurs deux chromosomes X, achevant ainsi la compensation de dose vis-à-vis des mâles XY. Ce processus, connu sous le nom d’inactivation du chromosome X, représente un paradigme de l’épigenèse développementale. Les recherches de l’équipe d’Edith Heard (Institut Curie) visent à comprendre comment l’extinction d’expression génique a lieu à l’échelle d’un chromosome entier. Mary Lyon, généticienne britannique, a découvert le processus d’inactivation du X en 1961. En 1998, elle a proposé que la propagation de l’inactivation le long du chromosome X pourrait être facilitée par des éléments répétés particulièrement enrichis sur ce chromosome : les éléments LINE-1. Cette étude montre que les LINE-1 pourraient intervenir selon deux modalités au cours du développement, certains LINE facilitent l’organisation et la compaction du matériel génétique jusqu’à le rendre silencieux ; et une sous-population de LINE-1 jeunes, qui sont encore actifs, faciliterait ensuite la propagation à certaines régions du chromosome qui auront une tendance à échapper à ce processus. L’activité des jeunes LINE observés sur le chromosome X inactif au cours du développement est remarquable, car ce chromosome est globalement hétérochromatique. Il se peut que le phénomène survienne aussi dans le contexte de certains cancers. Ainsi, une instabilité épigénétique pourrait conduire à une instabilité génétique.
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