La protéomique urinaire : un nouvel outil pour prédire l’évolution clinique des nouveau-nés porteurs d’uropathies obstructives

Decramer S., et al. Nat Med 2006,12: 398-400

Les malformations du rein et des voies urinaires représentent environ 20 % des malformations dépistées in utero. Les plus rencontrées sont les uropathies obstructives, qui touchent 0,5 % à 1 % des nouveau-nés, le syndrome de la jonction pyélo-urétérale (SJPU) étant le plus fréquent. Malgré une détection bien avant la naissance par échographie, les nouveau-nés porteurs de SJPU nécessitent actuellement une surveillance rapprochée et contraignante dans la première année de vie, sans que l’on puisse détecter et différencier ceux qui vont présenter un risque immédiat, et donc nécessiter une intervention chirurgicale, de ceux qui peuvent s’améliorer spontanément.
L’équipe de Joost-Peter Schanstra (unité Inserm 388, Toulouse) et le service de néphrologie pédiatrique de l’Hôpital des Enfants de Toulouse, en collaboration avec une start-up allemande, viennent de montrer que le protéome urinaire du nouveau-né permet de prédire le devenir clinique des bébés porteurs d’un SJPU. Ce protéome est beaucoup plus homogène que celui de l’adulte, permettant ainsi une meilleure sélection de polypeptides « pathologiques » chez le nouveau-né. En constituant une base de données associant aux polypeptides urinaires d’une soixantaine de patients porteurs d’un SJPU leur état clinique, les chercheurs ont pu créer des profils polypeptidiques urinaires "pathologiques", à partir desquels un certain nombre de biomarqueurs discriminants ont pu être identifiés. En utilisant ces biomarqueurs, une prédiction a été réalisée chez 36 nouveaux patients, à partir des urines de la première semaine de vie, et comparée à leur évolution clinique sur une période de 12 mois. Pour 34 d’entre eux, l’évolution clinique était corrélée à la prédiction faite par l’analyse du protéome urinaire.
Ces résultats suggèrent fortement que l’analyse du protéome urinaire des nouveau-nés porteurs d’un SJPU peut aider à la décision de pratiquer ou non une intervention chirurgicale, évitant ainsi une surveillance contraignante de ces enfants au cours de leur première année de vie.

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