Diabète de type 1 (DID)

Anciennement appelé diabète « maigre » ou diabète « juvénile » le diabète de type 1 ou diabète insulinodépendant (DID), résulte d’une faillite rapidement totale du pancréas à sécréter l’insuline, hormone indispensable à l’alimentation des cellules en glucose, leur premier fuel énergétique.

Réseaux de fins vaisseaux sanguins artériels qui irriguent la rétine. Cette image révèle l'existence de micro-anévrismes, de toutes petites dilatations de la paroi des capillaires, qui constituent le tout premier signe d'une rétinopathie diabétique, l'une des complications du diabète, qui peut compromettre la vision. Ces vaisseaux peuvent être observés par un ophtalmologue lors de l'examen de fond d'oeil.

Réseaux de fins vaisseaux sanguins artériels qui irriguent la rétine. Cette image révèle l'existence de micro-anévrismes, de toutes petites dilatations de la paroi des capillaires, qui constituent le tout premier signe d'une rétinopathie diabétique, l'une des complications du diabète, qui peut compromettre la vision. Ces vaisseaux peuvent être observés par un ophtalmologue lors de l'examen de fond d'oeil.

La maladie est due à la destruction des cellules endocrines productrices d’insuline, appelées cellules β (un type cellulaire particulier des îlots de Langerhans, dispersés dans le pancréas). L’hyperglycémie, qui signe le diagnostic de diabète, apparaît lorsque 80 % à 90 % de cellules β ont été détruites. Le corollaire est que la maladie qui conduit à la destruction des cellules débute des années avant l’apparition de l’hyperglycémie. Il s’agit en fait d’une maladie auto-immune, caractérisée par une activation anormale d’une famille de cellules clés du système immunitaire, les lymphocytes T, vis-à-vis de substances ou tissus normalement présents dans l'organisme, en l’occurrence les cellules pancréatiques β. Sont d’ailleurs également activés d’autres lymphocytes, les lymphocytes B, qui produisent les autoanticorps, capables de se fixer sur les cellules β. La détection des autoanticorps est un bon test biologique pour faire de diagnostic de diabète de type 1 chez les sujets dont la glycémie est élevée.

Une incidence en augmentation, des causes en partie inconnues

Le diabète de type 1 représente 5 % à 10 % des cas de diabète observés dans le monde, bien loin derrière le diabète de type 2 (non insulinodépendant). L’OMS estime à 180 millions le nombre total de diabétiques dans le monde (10 à 15 millions pour le diabète de type 1), avec 1,1 million de décès en 2005. Selon l’InVS, l’incidence du diabète de type 1 chez l’enfant et l’adolescent en France serait de 13,5 individus pour 100 000 (2004), en augmentation régulière depuis vingt ans (+3,7 % par an). Surtout, la maladie apparaît souvent chez des sujets jeunes (une fois sur deux avant 20 ans) chez lesquels le seul traitement actuellement utilisable est de pallier le défaut de sécrétion de l’insuline par des injections pluri-quotidiennes de cette hormone. Les formes modernes d’injection utilisées aujourd’hui ont considérablement amélioré le traitement de la maladie.
Le diabète de type 1 survient sur un terrain génétique prédisposant. Plus de 20 gènes ont été retrouvés, une estimation probablement basse. Le plus important est localisé dans le système HLA (une région génétique qui contrôle le rejet des greffes, une autre conséquence de l’activation des lymphocytes T). Des facteurs environnementaux, par exemple des virus, sont probablement impliqués dans le déclenchement de la maladie qui conduit à l’activation initiale des lymphocytes T. Mais aucun n’a à ce jour été clairement identifié. Certains facteurs d’environnement, en particulier infectieux, ont aussi paradoxalement un effet protecteur vis-à-vis du diabète.

Symptômes et évolution

Le diabète de type 1 clinique, c'est-à-dire l’apparition d’une hyperglycémie, peut survenir brutalement, en quelques jours ou semaines. Les symptômes sont caractéristiques : mictions fréquentes et abondantes y compris la nuit (polyurie), soif anormale (polydipsie), amaigrissement rapide paradoxalement associé à un appétit plus développé (d’où l’ancienne appellation de diabète « maigre »), sensation de fatigue générale intense, accompagnée ou non de nausées et de vomissements, troubles de la vue.
Les principales complications du diabète sont les rétinopathies (accumulation de lésions des petits vaisseaux de la rétine, provoquant à quinze ans la cécité dans 2 % des cas, et des handicaps visuels importants chez 10 % des malades), les neuropathies (lésions nerveuses avec fourmillements, douleurs, engourdissement ou faiblesse dans les pieds et les mains, aboutissant, avec une mauvaise circulation sanguine, à des risques d’ulcères et d'amputation), l’insuffisance rénale (10 % et 20 % des causes de décès chez le diabétique), les cardiopathies et les risques d’accident vasculaire cérébral (50 % des décès). Mais ces complications n’apparaissent que dix ou vingt ans après l’apparition de l’hyperglycémie, et essentiellement lorsque l’hyperglycémie aura été mal contrôlée par le traitement par l’insuline.

Complications aiguës : les risques majeurs

© Inserm, I. Bergerot - Ilot de Langerhans du pancréas endocrine de souris marqué par un anticorps anti-insuline (x500).

Ilot de Langerhans du pancréas endocrine de souris marqué par un anticorps anti-insuline (x500).

Outre ces évolutions chroniques et à long terme, trois complications aiguës concernent le diabète de type 1 : l’hyperglycémie (élévation importante du taux de sucre dans le sang suivie d’un passage du glucose dans les urines), l’hypoglycémie (avec risque de coma diabétique après une chute de la glycémie non palliée) et l’acidocétose (transformation des acides gras en corps cétoniques, pouvant elle aussi évoluer vers un coma diabétique).

Traitement et recherche

Le principal traitement du diabète de type 1 est l’insulinothérapie, qui consiste à remplacer l’insuline en défaut par plusieurs injections quotidiennes d’insuline de synthèse, associée à une discipline alimentaire rigoureuse et une mesure pluriquotidienne de la glycémie sur une goutte de sang recueillie en règle à l’extrémité d’un doigt. L’administration de l’insuline peut également être réalisée par perfusion continue sous la peau, grâce à de petites pompes attachées à la ceinture, un traitement plébiscité par certains patients.
La recherche fondamentale, clinique et en santé publique travaille à de nombreuses pistes : meilleure compréhension des facteurs de risque (génétiques, viraux ou environnementaux) et des mécanismes cellulaires impliqués, définition de cibles et de moyens thérapeutiques nouveaux (biothérapies), amélioration du confort de vie des malades et de leur entourage, accompagnement social et psychologique. Une stratégie optimale serait de « vacciner » le sujet lors de la découverte du diabète, ou mieux avant son apparition, de façon à inactiver les lymphocytes spécifiques des cellules β. La détection des autoanticorps chez des sujets encore normoglycémiques est un test prédictif avant l’apparition du diabète. Mais on n’a encore, actuellement, aucun traitement fiable et sans risque qui permette de bloquer l’activation des lymphocytes et de prévenir la maladie.

Pour aller plus loin

Expertises collectives

Isolement des îlots humains, plateforme de biothérapie

Isolement des îlots humains, plateforme de biothérapie, unité Inserm 859 "Thérapie cellulaire du diabète", faculté de médecine de Lille

Activité physique - Contextes et effets sur la santé (2008)

Inserm Actualités

Gènes de prédisposition au diabète, une belle avancée !, IA 207, novembre-décembre 2007, 21-28

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Diabète, l'espoir de la thérapie cellulaire

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