Grandjean V, et al. Development 2009 ; 136 :3647-55
La taille des mammifères est héritable mais, comme pour nombre de phénomènes complexes, l’analyse génétique et génomique n’indique pas de déterminants mendéliens simples. Un travail dirigé par Minoo Rassoulzadegan (unité Inserm 636, Université de Nice Sophia-Antipolis) a apporté un nouveau mode de raisonnement pour aborder cette question, en montrant que ce caractère est modulé par un mécanisme épigénétique héréditaire. En effet, l’introduction dans les embryons de petits ARN de séquences homologues d’un locus candidat Sox9 provoque une augmentation de la masse corporelle de 30-40 %. Ce phénotype, transmissible à la descendance, débute très tôt par l’accélération de croissance des cellules souches de l’embryon, conduisant curieusement à de fréquentes duplications de l’embryon précoce et, dans 10% des cas, à des naissances gémellaires. La transmission par le spermatozoïde de molécules d’ARN homologues rend compte de cette transmission héréditaire. Cette forme d’hérédité épigénétique contribue à la transmission de caractères normaux et pathologiques pour lesquelles des déterminants mendéliens n’ont pas donné d’explication satisfaisante.
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