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Quantifier la démyélinisation cérébrale in vivo

Stankoff B, et al. Proc Natl Acad Sci 2006, 103 : 9304-9

Aujourd’hui, les maladies touchant le processus de myélinisation, qu’elles soient acquises, comme la sclérose en plaques, ou congénitales, comme la leucodystrophie, entraînent une invalidité chez un nombre important de sujets souvent jeunes. Liées à une perte ou à un défaut de production de myéline, ces affections se caractérisent par un trouble de la conduction de l’influx nerveux le long des axones, avec pour corollaire un dysfonctionnement neurologique. Fabriquée par les oligodendrocytes, la myéline s’enroule autour des axones sous forme de portions séparées entre elles par un espace libre : sautant d’espace en espace, le signal neurologique est ainsi transmis plus vite. Il existe au niveau du système nerveux central une activité spontanée de remyélinisation qui, si elle aboutit à la formation de portions de myéline plus courtes et plus fines que la "normale", permet cependant, dans une certaine mesure, une récupération fonctionnelle. Ce phénomène, qui peut être complet chez le petit mammifère jeune, ne l’est jamais qu’à moitié, au maximum, chez les sujets atteints de sclérose en plaques. Les recherches thérapeutiques menées actuellement ont donc pour objectif de stimuler cette remyélinisation, soit par une activation du processus endogène, soit par l’apport de myéline exogène.
Cependant, et au-delà des difficultés qui peuvent être rencontrées dans cette entreprise, un écueil important réside dans l’absence de méthodes permettant d’évaluer précisément la qualité et l’étendue de la réparation. De fait, si l’imagerie par résonance magnétique, utilisée jusqu’à maintenant pour diagnostiquer et apprécier les troubles de la myélinisation, possède une grande sensibilité et une bonne résolution spatiale, elle souffre d’un manque de spécificité pour quantifier la démyélinisation et, éventuellement, visualiser le processus de remyélinisation.

L’équipe de Bernard Zalc (unité Inserm 711, Paris) a mis au point une méthode de marquage de la myéline par le BMB (1,41,4-bis(p-aminostyryl)-2-méthoxybenzène), un dérivé fluorescent du rouge Congo. Injecté de façon systémique, le BMB traverse la barrière hémato-encéphalique et se lie à la myéline, d’une façon réversible et dose-dépendante. Des lésions de démyélinisation ont ainsi pu être détectées dans le cerveau de souris souffrant d’une encéphalite auto-immune (modèle animal de démyélinisation) et même mesurées dans le cerveau d’animaux mutants présentant divers dysfonctionnement de la myélinisation. Par ailleurs, sa structure lui permettant de fixer un radionucléide, le BMB a été marqué par le ¹¹C et injecté par voie intraveineuse à un babouin : l’imagerie par TEP (tomographie par émission de positrons) a alors permis de visualiser, in vivo, les zones de myéline. Certes, des améliorations seront encore apportées à cette molécule, mais la méthode d’analyse présentée ici est tout à fait prometteuse pour améliorer le diagnostic des pathologies de la myéline et évaluer l’efficacité de traitements à venir.

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