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Un vaccin nasal contre la coqueluche efficace chez les nouveau-nés

Mielcarek N, et al. Plos Pathog 2006, 2: e65

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Bien que la vaccination en ait considérablement diminué la prévalence, la coqueluche est encore responsable de 300 000 morts par an, essentiellement dans les pays en développement. Ces dernières années ont également vu sa ré-émergence dans des pays où elle semblait sous contrôle, touchant essentiellement des populations d’adolescents ou d’adultes en raison, probablement, d’une diminution de la protection vaccinale au cours du temps. Le risque devient alors celui d’une transmission de la maladie à de jeunes enfants non encore couverts par la vaccination (ie, âgés de moins de 6 mois), chez lesquels la coqueluche peut prendre des formes gravissimes. Dès lors, disposer d’un moyen d’immuniser les tout-petits, si possible dès la naissance, devient une nécessité, un principe qui se heurte au fait que le système immunitaire du nouveau-né est incapable, en réponse au vaccin acellulaire actuellement disponible, de développer une immunité de type Th1 (productrice, notamment, d’interféron γ) essentielle à la protection contre Bordetella pertussis. Pourtant, l’infection d’un individu par Bordetella pertussis s’accompagne de l’acquisition d’une immunité forte, durable et de type Th1, y compris chez le très jeune enfant (âgé de moins d’un mois).

En s’inspirant de ces observations, et afin de reproduire au mieux les conditions d’une infection naturelle par B. pertussis, l’équipe de Camille Locht (unité Inserm 629, Lille) a construit un vaccin vivant atténué, dont le potentiel immunogène a été testé après son administration à des souris par voie nasale. Génétiquement « dépourvue » de trois de ses toxines majeures, cette souche vaccinale, nommée BPZE1, ne déclenche aucun phénomène pathogène, mais garde sa capacité à coloniser, aussi bien que la souche sauvage, le tractus respiratoire de la souris. Si la protection des animaux adultes contre une infection ultérieure par B. pertussis ne varie pas suivant le type de vaccin utilisé, les souriceaux sont, en revanche, mieux protégés par une seule administration nasale du vaccin atténué BPZE1 que par deux injections du vaccin acellulaire. Plus encore, et à la différence du vaccin acellulaire, la souche atténuée protège les animaux contre B. parapertussis, une espèce bactérienne également à l’origine de cas de coqueluche.

Ce vaccin vivant atténué semble donc très prometteur pour une application chez les tout-petits, en raison de son immunogénicité dès les premiers mois de la vie et de son mode d’administration non invasif. De plus, et il s’agit là d’un argument de poids en sa faveur, son coût de fabrication, peu élevé, pourrait faciliter la mise en œuvre d’un programme de vaccination anticoquelucheuse dans les pays en développement.

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