Slama R, et al. Env Health Perspect 2009 ; 117 : 1313-21
De précédents travaux ont suggéré que les polluants atmosphériques pourraient influencer la croissance fœtale, en s’appuyant sur les données des stations de surveillance de la qualité de l’air, parfois situées à une distance importante du domicile des femmes enceintes, et sur les certificats de naissance, ce qui ne permettait que de prendre en compte le poids à la naissance et un nombre très limité de facteurs liés à la croissance fœtale. Un travail dirigé par Marie-Aline Charles (unité Inserm 1018, Université Paris-Sud) a cherché à dépasser ces limites, en lançant une étude d’épidémiologie environnementale reposant sur 280 femmes non fumeuses de la cohorte mère-enfant Eden. Ces femmes enceintes ont porté un échantillonneur d’air passif, qui a permis d’estimer leur exposition personnelle au benzène qui, chez les sujets non fumeurs de la population générale, est un marqueur de l’exposition à l’essence et aux produits de combustion dans l’atmosphère, en particulier liés au trafic routier et au chauffage urbain. Après prise en compte de la corpulence maternelle et d’autres facteurs influençant la croissance du fœtus, les femmes chez qui l’exposition au benzène était la plus élevée étaient celles dont le fœtus avait en moyenne le plus petit périmètre crânien au cours de la grossesse ainsi qu’à la naissance. Les chercheurs tentent maintenant de mieux comprendre par quels mécanismes la pollution atmosphérique pourrait influencer la croissance fœtale.
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