Balkau B., et al. Circulation 2007, 116: 1942-51
Les conséquences de l’obésité, et notamment de l’obésité abdominale, ne sont pas toujours reconnues. Pourtant, l’étude internationale cas-témoin INTERHEART a récemment démontré que l’obésité abdominale est bien associée à la survenue d’infarctus du myocarde. Si beaucoup d’études s’attachent à quantifier la fréquence de l’obésité ou du surpoids, elles ne sont pas toujours réalisées dans des populations suffisamment bien définies pour que leurs résultats puissent être généralisés à l’ensemble d’un pays. Quant aux études sur l’obésité abdominale, elles sont en plus confrontées à l’absence de standardisation de la mesure du tour de taille, ou périmètre abdominal.
C’est dans ce contexte qu’a été lancée l’étude transversale IDEA (Internationalday for evaluation ofabdominal obesity), sous la direction de Beverly Balkau, de l’unité Inserm 780 (Villejuif). Menée sur deux demi-journées, elle a mobilisé des médecins généralistes, tirés au sort, représentatifs de régions urbaines et rurales de chacun des 63 pays participants. L’enquête consistait à relever l’âge et la présence d’antécédents cardiaques ou de diabète, et à mesurer le tour de taille ,le poids et la taille des participants, afin de déterminer leur indice de masse corporelle (IMC). Environ 170 000 patients ,69 409 hommes et 98 750 femmes, âgés de 18 à 80 ans, ont été inclus dans l’étude.
Si la fréquence du surpoids (IMC entre 25 et 30 kg/m2) est similaire dans les différentes régions du monde, il existe une différence marquée dans les fréquences de l’obésité (IMC ≥ 30 kg/m2) et de l’obésité abdominale, qui sont toutes deux moindres en Asie. Quant à l’association entre le tourde taille, ou l’IMC, et la fréquence des maladies cardiovasculaires ou du diabète, elle est très significative quelle que soit la région du monde. Globalement, chez les hommes comme chez les femmes, l’accroissement du tour de taille est associé à une augmentation du risque de diabète ou de survenue d’une maladie cardiovasculaire, y compris, et c’est important, chez des sujets ayant un poids « normal » (IMC < 25 kg/m2). Cette vaste étude épidémiologique a permis de déterminer, pour chaque région du monde, les seuils de tour de taille à partir desquels apparaît une association avec un diabète ou une maladie cardiovasculaire. En effet, les valeurs utilisées jusqu’à maintenant avaient seulement été déterminées sur une population de Glasgow, et des seuils différents avaient été proposés pour les populations d’Asie ou d’Amérique latine. Quel que soit le pays considéré, l’obésité abdominale évaluée par la mesure du tourde taille apparaît donc comme une donnée essentielle en termes de santé publique. Un lien néfaste entre l’obésité, surtout abdominale, et des maladies comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires existe dans toutes les régions du monde, même si le niveau d’association est différent.
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