L’IRM, un outil pertinent pour le bilan de l’autisme

Boddaert N, et al. PLoS One 2009 ; 4 : e4415

Les anomalies sont signalées en rouge et concernent principalement le lobe temporal. Exemples d'anomalies IRM observées chez des enfants autistes

Exemples d'anomalies IRM observées chez des enfants autistes. Les anomalies sont signalées en rouge et concernent principalement le lobe temporal.

Afin de rechercher la fréquence des anomalies cérébrales associées à l’autisme, Nathalie Boddaert et ses collaborateurs (unité Inserm 1000, CEA, Université Paris-Sud) ont effectué l’analyse systématique des images IRM d’une série de 77 enfants âgés de 2 à 16 ans, atteints d’un autisme sans cause retrouvée, et ayant bénéficié d’un bilan pédopsychiatrique, neuropsychologique, métabolique et génétique particulièrement soigné.

Alors que, chez les enfants témoins, aucune anomalie n’a été décelée, chez les enfants autistes, des anomalies sont retrouvées chez plus de 40 % d’entre eux : elles prédominent dans la substance blanche et sont particulièrement marquées dans le lobe temporal, essentiel pour le langage et la cognition sociale. Si la recherche en imagerie cérébrale contribue, aujourd’hui, à jeter les bases conceptuelles d’une nouvelle psychiatrie, en révélant le substrat cérébral des maladies "mentales", et si l’IRM cérébrale a révolutionné le diagnostic et la prise en charge des maladies neurologiques, elle n’est pas utilisée en routine en psychiatrie de l’adulte, ni dans l’autisme. Cette situation devrait être bouleversée par le résultat de ce travail qui apparaît comme un exemple de recherche translationnelle, du laboratoire de recherche vers la personne malade. Ces résultats prouvent également, une nouvelle fois, l’organicité de l’autisme.

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