Obésité

Du point de vue médical, l’obésité est un excès de masse grasse ayant des conséquences sur la santé. L’excès de poids entraîne un risque accru de maladies métaboliques (diabète), cardiaques, respiratoires, articulaires et de cancer. L’indice de masse corporelle (IMC) permet une estimation de l’importance de la masse grasse.

Calcul de l’IMC et du tour de taille

IMC : poids (en kg) / taille au carré (en mètres)

IMC en kg/m2

Classification de l'OMS

% de la population
française (étude Obépi
2006)

Moins de 16,5

Dénutrition

 

Entre 16,5 et 18,5

 

4,9 %

Entre 18,5 et 25

Valeurs de référence

53,3 %

Entre 25 et 30

Surpoids

29,2 %

Entre 30 et 35

Obésité modérée

9,4 %

Entre 35 et 40

Obésité sévère

2,2 %

Au-delà de 40

Obésité majeure

0,8 %


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Toutefois, il faut rester prudent quant à la lecture de ce tableau car il ne constitue qu'une indication approximative ne correspondant pas nécessairement à la même masse graisseuse selon les individus. Si cet indice est fiable pour les adultes de 20 à 65 ans, il ne l’est plus chez les femmes enceintes ou qui allaitent, les athlètes d'endurance ou les personnes très musclées. Chez l’enfant, il faut se référer aux courbes de croissance présentes dans les carnets de santé depuis 1995.

Par ailleurs, pour évaluer les risques liés à l’excès de masse grasse, il faut tenir compte du tour de taille. Un tour de taille supérieur à 100 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme (en dehors de la grossesse !) est associé à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires. En effet indépendamment de l’IMC, l’excès de masse grasse au niveau du ventre, ce que traduit l’augmentation du tour de taille, est néfaste pour la santé.

Obésité, une maladie "moderne"

La fréquence de l’obésité progresse dans la très grande majorité des pays sur tous les continents, en particulier chez les jeunes. En France, la fréquence de l’obésité chez l’adulte est d’environ 13 %, et les formes graves de la maladie sont de plus en plus fréquentes. Chez les enfants, la fréquence de l’excès de poids est d’environ 15 % et celle de l’obésité de 4 %. La question majeure est celle de la persistance de l’obésité à l’âge adulte justifiant une prise en charge précoce.

Les causes

Les origines de l’obésité et du surpoids sont multiples. L’excès d’apport énergétique par l’alimentation et l’insuffisance des dépenses sous forme d’activité physique jouent un rôle central. On sait que l’augmentation de la taille des portions, la plus grande densité énergétique de l’alimentation, l’évolution des prix alimentaires favorisent l’excès de consommation calorique. La sédentarité (par exemple le temps passé devant la télévision) est associée à l’excès de poids. Mais cela ne suffit pas à expliquer l’augmentation de la fréquence de l’obésité et surtout "l’inégalité" des individus vis-à-vis de la prise de poids : certaines personnes prennent plus de poids que d’autres alors qu’elles ont les mêmes modes de vie.

Il existe en effet une prédisposition génétique à la prise de poids et d’autres facteurs biologiques (des anomalies du tissu adipeux ou des centres de contrôle de la prise alimentaires) peuvent rendre compte de ces différences de susceptibilité individuelle à l’obésité. Plusieurs équipes françaises de l’Inserm et du CNRS ont identifié des gènes impliqués dans la prise de poids, l’obésité sévère et les complications de l’obésité aussi bien dans des populations d’enfants que chez l’adulte : on a mis en évidence plus de 400 gènes, marqueurs ou régions chromosomiques associés.

Au cœur de l’obésité

Plus récemment l’intérêt des chercheurs s’est porté sur les anomalies des cellules graisseuses, leur différenciation, leur multiplication, leur développement pathologique. L’obésité est en effet une pathologie du tissu adipeux, ce tissu formé d’adipocytes (cellules chargées de stocker l’énergie dans les territoires sous-cutanés et la région intra-abdominale) et d’une multitude d’autres cellules.

Les chercheurs s’intéressent actuellement aux facteurs biologiques qui conduisent à l’inflation de ce tissu graisseux, aux modifications des cellules et de leur environnement. Il s’est avéré que ce tissu avait une étonnante capacité à sécréter des substances expliquant la résistance à la perte de poids et l’apparition de certaines complications telles que les anomalies hépatiques, cardiaques, respiratoires, articulaires.

Observation d'adipocytes au microscope en fluorescence au laboratoire du département "Métabolisme et obésité" de l'unité Inserm 858, CHU Rangueil, Toulouse.

Observation d'adipocytes au microscope en fluorescence au laboratoire du département "Métabolisme et obésité" de l'unité Inserm 858, CHU Rangueil, Toulouse.

Un autre champ considérable de la recherche sur l’obésité vise à identifier les mécanismes qui conduisent le système nerveux central, en particulier l’hypothalamus, à ne plus être en mesure de freiner la prise alimentaire et d’augmenter la dépense énergétique face à cet excès de masse grasse chez certaines personnes. Les neurosciences sont ici en première ligne. Par ailleurs, plusieurs équipes de recherche s’intéressent au rôle de l’intestin, en particulier des hormones sécrétées par le tube digestif, et à la flore intestinale qui pourraient avoir un rôle facilitateur dans la prise de poids.

Ces différents axes de recherche sont développés chez l’adulte mais également chez l’enfant : on s’intéresse surtout aux événements très précoces, en particulier les déterminants intervenant in utero et au cours des premiers mois de la vie.




Les conséquences

Salon Santé Environnement 2009

Salon Santé Environnement 2009

L’obésité entraîne des troubles de la santé dont les principaux sont le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, l’excès de lipides dans le sang (dyslipidémie), les atteintes cardiovasculaires, le syndrome d’apnée du sommeil, l’arthrose et un risque accru de certains cancers. Il faut également souligner le retentissement psychologique et social de la maladie.

Pour aller plus loin

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