Protéger les enfants de l’asthme en exposant les mères allaitantes aux allergènes ?

Verhasselt V., et al. Nat Med 2008, 14: 170-5

© Inserm, Verhasselt - Les lymphocytes CD4+ semblent impliqués dans la mise en place d’une tolérance aux allergènes

Les lymphocytes CD4+ semblent impliqués dans la mise en place d’une tolérance aux allergènes

L’asthme est une maladie respiratoire chronique dont la prévalence est en nette augmentation ces dernières décennies. Il touche majoritairement les enfants. Si de nombreuse études ont suggéré un rôle protecteur de l’allaitement sur le développement des maladies allergiques, les mécanismes impliqués n’étaient pas encore élucidés. Une équipe dirigée par Valérie Verhasselt (unité Inserm 924, Nice)* a vérifié, chez la souris, l’hypothèse selon laquelle, lorsqu’une mère respire des allergènes potentiels, ceux-ci peuvent, à l’instar des aliments, passer dans le lait et être transmis au nouveau-né, une voie de transmission particulièrement efficace pour rendre l’enfant tolérant à ces mêmes allergènes. De plus, il semble que la protection induite par l’allaitement nécessite, outre l’allergène, la présence immunosuppressive du TGFß. Si ces résultats venaient à être confirmés chez l’homme, de nouvelles stratégies de prévention des maladies allergiques pourraient être proposées, telles qu’une exposition délibérée des mères à des allergènes pendant l’allaitement, et la modification des laits artificiels afin de mieux protéger les enfants non allaités.
*Unité rattachée à l’université de Nice Sophia-Antipolis

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