La réponse immunitaire rénale est en partie sous contrôle hormonal

Chassin C., et al. J Exp Med 2007, 204: 2837-52

© Inserm, Chassin C. - La dVAP inhibe les mécanismes impliqués dans la réponse inflammatoire aux E. coli uropathogènes ; Adhésion préférentielle des E. coli uropathogènes à la face apicale des cellules intercalaires (CI) du tubule collecteur rénal, 24 h après l’inoculation bactérienne, par voie transurétrale à des souris C3H/HeN exprimant TLR4 (Toll-like receptor). Le schéma résume le mécanisme d’inhibition par la dDAVP de l’activation cellulaire induite par le LPS et les E. coli dans les cellules du tubule collecteur rénal.

La dVAP inhibe les mécanismes impliqués dans la réponse inflammatoire aux E. coli uropathogènes

Les infections du tractus urinaire et les pyélonéphrites, principalement dues aux Escherichia coli uropathogènes, sont parmi les infections bactériennes les plus fréquentes, et peuvent être responsables d’atteintes rénales parfois très sévères. Les E.coli adhèrent préférentiellement aux cellules du tubule collecteur terminal, le premier segment du tubule rénal à être en contact avec les bactéries lors de leur ascension rétrograde.

L’adhérence des bactéries aux cellules du tubule collecteur entraîne une intense réaction inflammatoire et le recrutement de polynucléaires neutrophiles, pour une clairance efficace des bactéries ayant colonisé les reins. Les cellules du tubule collecteur rénal jouent un rôle clé dans le maintien de l’homéostasie hydrique et du contrôle de la balance hydrosodée. L’arginine vasopressine (AVP), un neuropeptide antidiurétique d’origine hypothalamique, se lie aux récepteurs V2 de la vasopressine dans les cellules du tubule collecteur rénal pour induire une production d’AMP cyclique et stimuler la réabsorption d’eau et de NaCl. Le fait que des patients présentant des pyélonéphrites aient des taux d’AVP plasmatique élevés a soulevé une question : cette hormone, outre son action antidiurétique, peut-elle moduler la réponse inflammatoire des reins infectés ?


L’équipe coordonnée par Alain Vandewalle, de l’unité Inserm 773 (Paris), en collaboration avec des laboratoires français et allemand, a analysé les effets de la déamino-8-D-arginine vasopressine (dDAVP), un agoniste pur des récepteurs V2 de l’AVP, sur l’activation cellulaire dans une lignée établie et des cultures primaires de tubules collecteurs provenant de reins de souris.

La dDAVP inhibe l’activation du récepteur Toll-like 4 (TLR4) dépendante du facteur de transcription NF-kB, ainsi que la production de médiateurs de l’inflammation (MIP-2, TNF-α) induite par le LPS, par un mécanisme, faisant intervenir la protéine phosphatase A2 et le canal chlorure CFTR, de déphosphorylation de la sous-unité p65/RelA de NF-kB. Des études réalisées in vivo ont également montré que l’administration chronique de dDAVP, délivrée par des minipompes implantées à des souris infectées par inoculation intravésicale d’une souche d’E.coli uropathogènes, induit une diminution des défenses immunitaires locales, favorisant ainsi la colonisation bactérienne rénale. À l’inverse,un traitement des souris infectées par un antagoniste du récepteur V2 de la vasopressine, le SR121463B (Sanofi-Aventis), stimule la production de cytokines et le recrutement des polynucléaires neutrophiles conduisant à une clairance rapide de la charge bactérienne. Ces résultats montrent l’existence d’un contrôle hormonal d’une activation cellulaire immunitaire locale, et identifient un facteur de susceptibilité jusqu’alors méconnu de défense immunitaire et de prolifération bactérienne.

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