Flamant M., et al. J Am Soc Nephrol 2006, 17: 3374-81
L’hypertension artérielle, qui est un problème majeur de santé publique, se complique fréquemment d’une insuffisance rénale dont aucun traitement ne peut prévenir la progression ni, mieux encore, venir à bout en restaurant une fonction rénale normale.
L’équipe de Jean-Claude Dussaule (unité Inserm 702, Paris) a vérifié l’hypothèse de l’implication du récepteur au collagène DDR1 (discoidine domain receptor 1) dans le développement de la fibrose rénale, la preuve ayant été obtenue qu’il joue un rôle dans les remaniements de la paroi artérielle lésée. Alors que l’hypertension artérielle induite par l’angiotensine est comparable chez des souris sauvages ou invalidées pour le gène DDR1, les lésions de destruction ou de fibrose rénale, associées à une protéinurie, sont importantes dans le premier groupe, au bout de 6 semaines, alors que l’absence du récepteur DDR1 permet de limiter ces lésions et de prévenir l’apparition de la protéinurie chez les souris mutantes.
Plus encore, l’absence du récepteur DDR1chez les animaux invalidés s’accompagne d’une diminution notable de l’infiltration cellulaire par rapport à ce qui est observé chez les souris sauvages, traduisant en cela une nette réduction du phénomène inflammatoire. Si le récepteur DDR1 agit donc bien comme un amplificateur des lésions de fibrose rénale, il est également un médiateur majeur de l’inflammation, ici au cours de la progression de l’insuffisance rénale. DDR1constitue donc une cible très intéressante dans le cadre du traitement de l’insuffisance rénale, et probablement aussi dans celui d’autres pathologies à dimension inflammatoire. On peut donc formuler l’hypothèse selon laquelle des antagonistes des récepteurs DDR1 pourraient représenter une nouvelle voie dans le traitement des néphropathies d’origine hypertensive ou inflammatoire.
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