Ralentir la cirrhose en bloquant un récepteur des cannabinoïdes

Teixeira-Clerc F., et al. Nat Med 2006, 12: 671-6

Le nombre de décès liés aux complications d’une cirrhose est, en France, d’environ 14 000 par an. La cirrhose est secondaire à l’accumulation progressive d’une fibrose dans le foie, en réponse à une agression chronique d’origine alcoolique, virale (virus de l’hépatite B ou C) ou métabolique (stéato-hépatite non alcoolique). Si réduire ou supprimer l’accumulation de fibrose est bien le moyen de s’opposer au développement d’une cirrhose, cet objectif bute aujourd’hui sur l’absence de molécule « antifibrosante » dont l’efficacité ait été établie chez l’homme. Or, il a été observé que la consommation quotidienne de cannabis par des patients atteints d’une hépatite chronique C accélère leur évolution vers la cirrhose. L’équipe de Sophie Lotersztajn (unité Inserm 581, Paris) a donc évalué le rôle d’une stimulation desrécepteurs des cannabinoïdes dans la progression de la fibrose. Si les récepteurs CB1 sont fortement exprimés dans le foie des patients cirrhotiques, leur activation accélère chez la souris le passage à la cirrhose en raison d’une stimulation des cellules génératrices de fibrose. À partir de là, les auteurs ont montré qu’une molécule antagoniste du récepteur CB1 ralentit la progression de la fibrose aussi bien dans trois modèles de fibrose hépatique que chez des souris invalidées pour le gène de CB1 (souris Cnr1-/-). De là à envisager l’utilisation d’inhibiteurs sélectifs du récepteur CB1 des cannabinoïdes pour traiter la fibrose associée aux maladies chroniques du foie, il n’y a qu’un pas.

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