Piot C., et al. N Engl J Med 2008, 359: 473-81
Le premier traitement de l’infarctus du myocarde est la réouverture, ou reperfusion, de l’artère coronaire occluse, par angioplastie ou thrombolyse. La taille de l’infarctus du myocarde est un facteur déterminant le pronostic. Toutefois, de récents travaux suggèrent que la destruction tissulaire ne se produit pas uniquement lors de la période d’ischémie, mais également dans les premières minutes de la reperfusion. Cet infarctus de reperfusion semble en grande partie dû à l’ouverture d’un canal, le pore de transition de perméabilité, situé dans la membrane interne des mitochondries. Or la cyclosporine A, indépendamment de sa classique action immunosuppressive, est un inhibiteur puissant de l’ouverture de ce canal. Dans une étude « preuve de concept » multicentrique, randomisée et contrôlée, une équipe dirigée par Michel Ovize (unité Inserm 886, Lyon)* a montré que la cyclosporine A, lorsqu’elle est administrée juste avant la reperfusion par angioplastie coronaire, réduit la taille de l’infarctus de 30 %, environ, lorsqu’elle est évaluée par cinétique des enzymes cardiaques et IRM. Ces résultats ont motivé les chercheurs à mettre en place une étude multicentrique internationale, afin de déterminer si cet effet positif se traduit par une amélioration du pronostic des patients atteints d’infarctus aigu du myocarde.
*Unité rattachée à l’université Claude-Bernard (Lyon 1)
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