Babenko A.P., et al. N Engl J Med 2006, 355: 456-66 ; Pearson E.R., et al. N Engl J Med 2006, 355: 467-77
Le diabète néonatal (DN) est défini par une hyperglycémie survenant dans les premiers jours ou mois de la vie, et qui nécessite le recours à une insulinothérapie. Deux formes cliniques distinctes de DN ont été décrites : une forme permanente (DNP), qui requiert un traitement à vie, et une forme transitoire (DNT), qui montre une rémission précoce entre une semaine et une année de vie, avec néanmoins une possible réapparition du diabète, notamment lors de la puberté. Si plusieurs mutations responsables de ces deux formes de diabète néonatal ont déjà été mises en évidence, elles n’expliquent qu’une fraction des cas étudiés.
En collaboration avec le réseau français pour l’étude du diabète néonatal, coordonné par Michel Polak (Inserm EMI 363, Paris), une étude franco-américaine a montré que sur 34 enfants présentant un diabète néonatal non expliqué par une anomalie génique connue, 9 portaient une mutation du gène SUR1, pour la moitié d’entre elles transmises par l’un des parents. Ce gène, qui code pour un canal potassique impliqué dans la sécrétion d’insuline par les cellules β du pancréas, est le récepteur de molécules antidiabétiques par voie orale, les sulfamides. La mutation entraîne une ouverture constante du canal potassique, et donc un blocage de la sécrétion d’insuline. Cependant, le canal reste sensible aux sulfamides, ce qui permet d’envisager de substituer à l’insulinothérapie de ces enfants, que l’on croyait définitive, un traitement oral par un sulfamide hypoglycémiant. D’ores et déjà, un des parents transmetteurs de la mutation bénéficie aujourd’hui d’un traitement oral, après des années d’injections quotidiennes d’insuline ; et son cas n’est pas isolé : l’équipe franco-américaine a en effet montré, au cours d’un essai clinique, que le traitement par insulinothérapie pouvait être arrêté chez des diabétiques adultes présentant une (autre) anomalie du canal potassique.
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