Cancer de la prostate

Glande génitale masculine située dans le bassin, sous le col vésical, la prostate entoure l’urètre sur quelques centimètres, à la sortie de la vessie et juste devant le rectum. En forme de châtaigne, elle ne pèse pas plus de 20 grammes

La prostate sécrète le liquide séminal, entrant dans la composition du sperme, et joue donc un rôle important dans la reproduction. Avec l’âge, le volume de la prostate tend à augmenter. La principale cause d’hypertrophie de la prostate est l’adénome : il s’agit d’une maladie sans gravité, mais qui nécessite toutefois d’être traitée par médicament ou chirurgie. La présence d’un adénome est sans lien avec la probabilité de développer ultérieurement un cancer.

Le cancer le plus répandu en France

15234 - Machine Ablatherm permettant la destruction du cancer de la prostate par ultrasons focalisés de forte intensité

Machine Ablatherm permettant la destruction du cancer de la prostate par ultrasons focalisés de forte intensité

En 2005, le cancer de la prostate était le cancer le plus fréquent en France, avec 62 245 nouveaux cas diagnostiqués dans l’année. Il est le quatrième en termes de mortalité, avec 9 202 décès estimés (source : InVS). C'est le cancer dont l'incidence a le plus augmenté ces 25 dernières années, sans doute en bonne partie du fait du vieillissement de la population. L'âge est en effet le principal facteur de risque du cancer de la prostate (avec un âge moyen de diagnostic : 74 ans). Deux autres facteurs augmentent la probabilité de survenue : les antécédents familiaux précoces (moins de 55 ans) dans les parents au premier ou deuxième degré ; l’origine géographique des populations (l’Afrique subsaharienne et les Antilles ont des prévalences supérieures à la moyenne).

Symptômes, dépistage

Le cancer de la prostate a souvent une évolution lente, longtemps asymptomatique (en dehors de gênes urinaires communes avec l’adénome) : ainsi, de nombreux patients l’ignorent pendant des années. Il peut cependant évoluer vers des formes plus agressives, parfois débuter par elles.
Un diagnostic précoce est gage de réussite du traitement pour les formes non indolentes. Généralement averti par son patient de dysfonctionnements urinaires - impossibilité de se retenir (impériosité mictionnelle), diminution de la force du jet (dysurie), besoin fréquent d’uriner (pollakiurie), voire impossibilité totale de la miction -, le médecin traitant réalise un examen clinique (toucher rectal) et prescrira un dosage du PSA. A un stade plus avancé, le cancer de la prostate peut produire du sang dans le sperme, des douleurs osseuses ou des fractures fréquentes : autant de symptômes exigeant une consultation médicale urgente.

Le dosage PSA

Le terme "PSA" est l'abréviation de Prostatic Specific Antigene, antigène spécifique de la prostate. Cette molécule n'est fabriquée que par cette glande et son dosage, à partir d'une simple prise de sang, permet d'évaluer l'état de la prostate. Son taux normal est inférieur à 4ng/ml. Il augmente en cas d’adénome ou de tumeur maligne. Si le taux de PSA est trop élevé, une biopsie par voie rectale, sous anesthésie locale, permet de prélever des fragments de prostate afin de caractériser un éventuel cancer (score de Gleason).

Des traitements adaptés à l’agressivité de la tumeur

Les formes peu agressives de cancer, localisées dans la prostate seule, sont guéries dans 80 % des cas. Trois traitements sont possibles : la chirurgie par incision ou cœlioscopie (résection partielle ou totale de la prostate et les vésicules séminales), la radiothérapie externe (séances de 20 à 30 minutes sur plusieurs semaines) et la curiethérapie (implantation de plusieurs dizaines de grains radioactifs dans la prostate, efficaces pendant plusieurs mois pour "brûler" la tumeur).
Pour les formes agressives du cancer produisant des métastases, on prescrit une hormonothérapie visant à neutraliser l’hormone masculine (testostérone) dont dépend notamment la progression de la tumeur : agonistes ou les antagonistes de la LH-RH, anti-androgènes En cas de mauvaise réponse, une chimiothérapie est tentée, avec notamment les dérivés de l'if (taxanes).

Prudence autour du dépistage

En matière de prévention, on distingue le dépistage individuel et le dépistage organisé. Le cancer de la prostate est actuellement placé sous le premier régime : on recommande aux hommes âgés de plus de 50 ans de procéder à un toucher rectal et une analyse sanguine (dosage PSA). Plusieurs voix militent pour le passage à un dépistage organisé : examen systématique, des hommes âgés de 55 à 69 ans, tous les trois ans pour la population générale, tous les ans en cas de PSA élevé. Les grandes études randomisées concordent pour montrer que le dépistage réduit le nombre de cancers de la prostate non curables. Mais la contrepartie en est la multiplication de biopsies prostatiques inutiles (surdiagnostic) et, surtout, le traitement prématuré de cancers dits "indolents", nécessitant une surveillance active plutôt qu’une intervention immédiate. Or, les thérapies du cancer de la prostate entraînent fréquemment des dysfonctions sexuelles et des incontinences (urinaires et fécales). Une évaluation stricte du rapport bénéfices-risques pour le patient reste donc à mener.

Pour des informations scientifiques, médicales et pratiques sur le cancer, consulter également le site de l’Institut national du cancer

Pour aller plus loin

Actualité de la recherche

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Unité Inserm 800 "Rôle des canaux ioniques membranaires et du calcium intracellulaire dans la physiopathologie de la prostate". Université des sciences et technologies de Lille, Villeneuve d'Ascq.

Expertises collectives

Cancers. Pronostics à long terme (2006)

Les associations de malades

ANAMACAP (Association nationale des malades du cancer de la Prostate)

A lire également

Livres

  • Le cancer de la prostate - 100 questions-réponses
    Collection 100 questions-réponses, 220 pages, 16 euros - Editions EDP Sciences, 2007
  • Cancer de la prostate : Guide à l'usage des patients et de leur entourage
    224 pages, 15 euros - Editions Bash, 2006

Liens utiles

Société française d'urologie


Dernière mise à jour : 14/09/2010

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