Côlon et rectum sont situés entre l'intestin grêle et l'anus. Les matières fécales sont concentrées dans le côlon (où l'eau et le sel sont réabsorbés), puis acheminées jusqu'à l'ampoule rectale qui assure un rôle de réservoir. La continence est assurée par le sphincter anal.
Environ 60 % des cancers colorectaux touchent le côlon et 40 % le rectum, où la localisation principale est le sigmoïde (dernière partie du côlon).
La France fait partie des pays dans lesquels le risque de cancer colorectal est élevé, tout comme les autres pays d'Europe de l'Ouest, les USA, l'Australie et, plus récemment, le Japon.
Sur la période 2003-2007, le cancer colorectal a fait en moyenne chaque année 8 690 victimes chez les hommes et 7 740 chez les femmes.*
Selon les projections, le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal en 2010 est estimé à 40 000, dont 53% survenant chez l'homme et 95% chez les plus de 50 ans. On s’attend à une augmentation du nombre de nouveaux cas au cours des années à venir.
Le taux de mortalité du cancer colorectal a diminué de 21% en 20 ans. Cette tendance favorable de la mortalité résulte des progrès réalisés dans la détection de la maladie grâce à un diagnostic plus précoce, à l’amélioration de la prise en charge thérapeutique et à une diminution de la mortalité opératoire.
Le cancer colorectal se développe le plus souvent à partir d'un polype adénomateux, encore appelé adénome. Le facteur génétique est en cause dans deux formes de cancers colorectaux : la polyadénomatose recto-colique familiale (mutation du gène APC) et le syndrome de Lynch (cancers colorectaux héréditaires sans polypose, caractérisé par des anomalies sur des gènes codants pour les protéines de réparation de l'ADN). Ces cancers héréditaires représentent moins de 5 % de l'ensemble des cancers colorectaux et surviennent avant 40 ans. Le risque est également augmenté chez les personnes ayant un antécédent personnel ou familial d'adénome ou de cancer colorectal, ou chez les personnes souffrant d'une colite inflammatoire.
La responsabilité du mode de vie dans le développement du cancer colorectal est importante. L'effet protecteur des fruits et légumes frais et de l'activité physique est établi, de même que l'effet néfaste d'un apport calorique excessif et riche en graisses animales.
Les symptômes en sont le plus souvent des douleurs abdominales, des troubles du transitintestinal (constipation soudaine ou diarrhée qui se prolonge, voire alternance des deux), des rectorragies (hémorragies de sang rouge) associées ou non à de faux besoins (pour le cancer du rectum), une anémie, la présence de sang dans les selles. A un stade avancé, des complications comme l'occlusion ou la perforation tumorale ou encore l'altération de l'état général peuvent révéler le cancer.
Le dépistage organisé du cancer colorectal repose sur la recherche d'un saignement occulte (c'est-à-dire non visible) dans les selles (test Hemoccult II®) chez les 50-74 ans, tous les deux ans. Ce programme de dépistage lancé par les pouvoirs publics à partir de 2002 a été expérimenté dans 23 départements pilotes, puis étendu progressivement à tout le territoire jusqu’au début 2009.
Le diagnostic du cancer du côlon repose sur la coloscopie totale, qui permet de visualiser la tumeur et de réaliser des biopsies. Le diagnostic de cancer du rectum, plus accessible à l'examen clinique (toucher rectal), est fait par la rectoscopie qui permet aussi de pratiquer des biopsies. D'autres examens (dosage de l'antigène carcinoembryonnaire (ACE), radiographie pulmonaire, échographie hépatique et éventuellement un scanner abdominal) permettent d'identifier les formes métastatiques. Une échographie endorectale et éventuellement un scanner ou une IRM peuvent être prescrits.
La chirurgie reste le traitement de base des cancers colorectaux. La radiothérapie, qui peut être prescrite dans le cancer du rectum, est de plus en plus souvent associée à une chimiothérapie concomitante en pré-opératoire. La chimiothérapie peut être prescrite à titre préventif pour éviter les métastases lorsque la tumeur se développe en profondeur.
Taux de survie : la France bien placée
L’étude CONCORD (Cancer survival in five continents : a worldwide population-based study) a comparé les taux de survie à 5 ans à partir des registres existant dans différentes régions du monde pour trois cancers : sein, prostate et côlon/rectum. La France se situe parmi les huit pays du monde présentant les meilleurs taux de survie, à la 2e place devant les États-Unis pour le cancer colorectal chez la femme et à la 6e place pour le cancer de la prostate (Lancet Oncology, 2008).
Tous les domaines de recherche apparaissent comme majeurs : dépistage, traitement, prédiction de l'évolution clinique des patients.
Les patients diagnostiqués à des stades précoces de la maladie (appelés stades I et II) représentent la majorité des malades atteints de cancers colorectaux. Leur nombre devrait augmenter avec le développement du dépistage organisé à partir de 50 ans, des techniques d’imagerie, et la mise au point de tests plus performants.
Les avancées en matière de chimiothérapie sont régulières, de nouveaux traitements comme les anti-angiogéniques constituent un progrès dans les thérapies anticancéreuses.
L'analyse génétique des tumeurs du côlon et du rectum permet d’envisager de mieux prédire leur évolution et le niveau de réponse à la chimiothérapie, comme l’apparition d’effets secondaires.
En parallèle, les chercheurs oeuvrent à mieux comprendre l'évolution de la réponse immunitaire du patient à tous les stades d’évolution du cancer colorectal, en tant que facteur prédictif du risque de récidive et de nouvelles cibles de traitements basés sur l’immunothérapie.
Note
(*) Taux de mortalité des principaux cancers en France (InVS/INCa/Inserm, 2010)
Janvier 2012
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