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Inégalité devant le dépistage de la trisomie 21

Khoshnood B, et al. Am J Public Health 2006, 96: 1-6

© Inserm, U 242 - Caryotype humain 47 XX (F). Trisomie 21

Caryotype humain 47 XX (F). Trisomie 21

La trisomie 21 (syndrome de Down) est l’anomalie chromosomique la plus répandue, avec une incidence d’une naissance sur 1 000 environ. Depuis trois décennies, de grands progrès ont été réalisés dans son dépistage précoce, grâce à la valeur pronostique des marqueurs échographiques et sériques, au diagnostic par amniocentèse et biopsie du trophoblaste et au récent développement des techniques de détection de l’ADN fœtal dans le sang maternel. Mais ces méthodes prénatales de dépistage et de diagnostic sont-elles également accessibles à toutes les couches de population ?

Pour répondre à cette question, Babak Khoshnood et ses collaborateurs (unité Inserm 149, Villejuif) ont analysé le registre parisien des malformations congénitales sur la période 1983-2002 : 1 433 cas de syndrome de Down ont été isolés, et comparés à un groupe contrôle de 3 731naissances. Au total, 70,6 % des cas de trisomie ont été détectés avant la naissance. Mais cette moyenne cache des disparités importantes : ainsi, 84,0 % des femmes situées dans les catégories socioprofessionnelles les plus élevées ont bénéficié de ce diagnostic, contre 57,6 % seulement pour les femmes sans emploi. Cette inégalité sociale se double d’une inégalité selon le statut de nationalité : 55,2 % des patientes d’origine nord-africaine et 59,5 % des patientes d’origine africaine ont ainsi pratiqué le dépistage, contre 73,9 % pour la population française.

Après le diagnostic, le choix de poursuivre ou non la grossesse reflète de semblables divergences : en moyenne, 5,5 % des femmes ont choisi de donner naissance à l’enfant trisomique, mais ce chiffre monte à 11,4 % chez les femmes sans emploi, et se situe entre 15,9 % et 21,4 % pour les femmes d’origine nord-africaine ou africaine, respectivement, signe d’une spécificité culturelle.

Il n’existe pas de différence socio-économique dans le risque relatif face au syndrome de Down. Pourtant, comme le concluent les chercheurs, la prévalence de la malformation à la naissance varie bel et bien selon les catégories socioprofessionnelles, en raison d’un usage inégal des nouvelles techniques de dépistage mises en place depuis trente ans .« Les préférences et les valeurs culturelles doivent clairement être prises en compte dans l’évaluation des politiques de dépistage prénatal, soulignent-ils. En même temps, on doit résoudre la question des différences socio-économiques face à ce dépistage, qui résultent des barrières à l’accès et à l’information.»

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