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XIAP, syndrome lymphoprolifératif et traitement du cancer

Rigaud S, et al. Nature 2006 ; 444 : 110-4

Le syndrome lymphoprolifératif lié au chromosome X (XLP) est une pathologie rare du système immunitaire. Il se traduit par une susceptibilité forte aux infections par le virus Epstein-Barr. Ce dernier, appartenant à la famille des herpès virus, provoque des mononucléoses infectieuses et est impliqué dans certaines formes de cancer. Chez les enfants sains, l’infection par le virus Epstein-Barr est habituellement inoffensive, souvent asymptomatique. Mais chez sujets atteints par le XLP, elle se traduit par une mononucléose infectieuse fulminante et divers symptômes : syndrome d’activation macrophagique (lymphohistiocytose hémophagocytique), hypogammaglobulinémie progressive, lymphomes. L’issue peut être fatale.
L’équipe de Sylvain Latour (unité Inserm 768, Paris) a étudié une cohorte de 18 familles atteintes par le XLP. Le profil génétique des individus a révélé que trois familles ne présentaient pas les mutations du gène SAP, habituellement impliquées dans le XLP (60 % des cas). En revanche, les chercheurs ont identifié des mutations jusqu’alors inconnues du gène XIAP, qui code pour une molécule (X-linked inhibitor of apopotosis) impliquée dans la régulation de l’apoptose, c’est-à-dire la mort cellulaire. L’expression défectueuse du gène XIAP se traduit par des perturbations significatives dans la survie et la différenciation des lymphocytes T natural killer, dont le rôle est notamment de protéger l’organisme contre les infections.Cette étude montre qu’un défaut de XIAP peut entraîner l’apparition d’un syndrome lymphoprolifératif. Or XIAP a été considérée récemment comme une cible intéressante pour le traitement des cancers et des inhibiteurs de XIAP font même actuellement l’objet d’essais cliniques. Il faudra certainement être très vigilant sur l’existence possible d’effets secondaires de ces molécules.

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