Tasdemir E., et al. Nat Cell Biol 2008, 10: 676-87
L’autophagie est un processus physiologique assurant le renouvellement des protéines et des organelles cellulaires. Elle peut aussi être utilisée comme source alternative d’énergie quand la cellule est privée de nutriments. Excessive, elle induit une mort cellulaire autophagique, tandis qu’elle est inactive dans différents cas de cancers ou de maladies neurodégénératives. La relation fonctionnelle entre apoptose et autophagie est complexe, l’autophagie pouvant contribuer à la mort cellulaire, mais aussi représenter un mécanisme de défense cellulaire.
Une équipe dirigée par Guido Kroemer (unité Inserm 848, Institut Gustave-Roussy, Villejuif)* a montré que l’autophagie n’est induite que lorsque la protéine p53, un suppresseur de tumeur notamment impliqué dans l’apoptose et le contrôle du cycle cellulaire, est absente ou inactive. En conditions de stress, l’autophagie permet aux cellules cancéreuses dépourvues de p53 de maintenir des niveaux élevés d’ATP, ce qui augmente leur survie. Obtenus in vitro et in vivo, chez l’humain comme chez le nématode, ces résultats soulignent le rôle majeur et conservé au cours de l’évolution de p53 dans le contrôle de l’autophagie, et suggèrent des corrélations étroites entre ce processus et la dérégulation tumorale de p53.
*Unité rattachée à l’université Paris-Sud (Paris 11)
L’absence de p53 induit l’autophagie
Microscopie électronique de vacuoles autophagiques induites dans des cellules HeLa traitées par ARN interférents de p53 (p53 siRNA)
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