Escudier B, et al. J Clin Oncol 2010 ; 28 : 2144-50
Au cours de ces dernières années, de nombreux traitements ciblant la voie du facteur de croissance de l’endothélium vasculaire VEGF ont montré leur efficacité dans le cancer du rein métastatique (CRM).
Depuis 2007, l’association bevacizumab plus IFN (B+IFN) et le sunitinib constituent deux options de première ligne dans cette pathologie. Avant ces avancées thérapeutiques, les cytokines (interféron et interleukine 2) constituaient les seules thérapeutiques efficaces, mais seulement 10 à 20% des patients y répondaient.
L’essai Avoren a comparé l’association B+IFN à IFN plus placebo chez des patients présentant un CRM non prétraité, avec pour objectif principal l’évaluation de la survie globale (SG) et le travail de Bernard Escudier et ses collègues (Institut Gustave- Roussy) rapporte ces résultats. Malgré une tendance en faveur du bras B+IFN, la SG n’est pas statistiquement différente entre les deux bras de traitements (23,3 versus 21,3 mois). Pourquoi ce résultat décevant ? L’hypothèse la plus vraisemblable est l’impact des traitements de deuxième et troisième ligne, qui sont, et il faut s’en féliciter pour les patients, souvent efficaces. Ainsi, les patients ayant reçu au moins un inhibiteur de tyrosine kinase après le traitement initial ont présenté une SG plus importante dans le bras B+IFN (38,6 versus 33,6 mois [HR = 0,80; IC 95 % : 0,56 à 1,13]). Autre constatation intéressante de cette étude : chez les patients dont l’IFN a dû être réduit pour toxicité, la SG est conservée, avec même une tendance supérieure (26 mois versus 23,3 mois). L’association B+IFN est donc active comme traitement de première ligne du CRM, mais la survie globale n’est pas améliorée de façon significative. Cependant, dans la mesure où la majorité des patients reçoivent plusieurs lignes de traitement, le fait de donner comme premier traitement l’association B+IFN semble permettre une amélioration de survie de l’ordre de 4 à 5 mois en moyenne.
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