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Enfin une piste pour le traitement des métastases osseuses ?

Boucharaba A, et al. Proc Natl Acad Sci 2006 ; 103 : 9643-8

L’os est une localisation fréquente de métastases au cours de différents cancers, un phénomène qui s’accompagne d’une morbidité considérable en termes de douleur et de handicap. Si, à l’heure actuelle, la seule réelle prise en charge thérapeutique des métastases osseuses est palliative, et vise notamment à lutter contre la résorption osseuse déclenchée par la présence des cellules tumorales, c’est en raison de l’absence de molécules capables de s’opposer à la progression métastatique elle-même.
Olivier Peyruchaud et l’équipe d’Ahmed Boucharaba (unité Inserm 664, Lyon) se sont intéressés à l’acide lysophosphatidique (LPA), un lipide qui, sécrété par les plaquettes, porte une activité de type facteur de croissance et stimule in vitro la prolifération, la migration et l’invasion de cellules tumorales. Bien que son implication ait également été démontrée, in vivo, dans la formation des métastases osseuses au cours des cancers du sein ou de l’ovaire, son mécanisme d’action restait jusque récemment en partie non élucidé.
Parmi les récepteurs du LPA exprimés par les cellules cancéreuses, c’est le type LPA1 qui semble le principal responsable de son action sur la promotion des métastases et la destruction osseuses. De fait, sa mise sous silence ou son blocage entraînent une diminution de la charge tumorale, dans l’os comme dans les tissus mous, et de la résorption osseuse déclenchée par les cytokines pro-ostéoclastiques produites par les cellules tumorales.
L’utilisation d’agents antiplaquettaires pour contrer l’effet du LPA s’est révélée peu concluante, et même difficilement applicable chez des patients souffrant souvent de saignements liés à la toxicité plaquettaire des chimiothérapies qui leur sont administrées. La mise en évidence, ici, qu’une inhibition spécifique du récepteur LPA1 permet de s’opposer aux interactions entre cellules tumorales et LPA, tout en épargnant les fonctions plaquettaires normales, constitue une avancée majeure.
Ce traitement par un antagoniste du récepteur LPA1, qui se traduit chez la souris par l’inhibition conjointe de la progression tumorale et de la synthèse des cytokines pro-ostéoclastiques, constitue un véritable espoir de disposer un jour d’une thérapie des métastases osseuses à visée curative.

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