Bishop T, et al. Nat Genet 2009 ; 41 : 920-5
Le mélanome est le cancer de la peau qui engage le plus le pronostic vital, et son incidence dans les populations caucasiennes n’a cessé d’augmenter au cours de ces dernières décennies. Le mélanome résulte des effets combinés d’une exposition au soleil et de facteurs génétiques encore mal connus. Une étude génétique, menée en France par Florence Demenais (unité Inserm 946, Fondation Jean-Dausset, Université Denis-Diderot, Paris), en collaboration avec l’AP-HP et le Centre national de génotypage, a été consacrée à l’examen de 300 000 variants génétiques présents chez plus de 10 000 personnes provenant d’Europe (2 500 sujets de la collection française Melarisk) ou d’Australie, en comparant les personnes qui ont (cas) ou non (témoins) développé un mélanome. Deux régions du génome associées au mélanome ont été mises en évidence sur les chromosomes 11 et 16 : elles contiennent des gènes impliqués dans le processus de pigmentation, TYR (tyrosinase) en 11q14-q21 et MC1R (melanocortin 1 receptor) en 16q24. La troisième région identifiée sur le chromosome 9 (9p21), qui inclut le gène MTAP (methylthioadenosine phosphorylase) et différents gènes impliqués dans le cycle cellulaire (CDKN2A, CDKN2B), est associée non seulement au mélanome, mais aussi au nombre de grains de beauté, facteur de risque majeur du mélanome. Ces variants génétiques en 9p21 ont également été trouvés associés à d’autres cancers, les carcinomes basocellulaires et les gliomes. Ce travail apporte un nouvel éclairage sur les mécanismes sous-tendant l’apparition d’un mélanome, qui semblent être communs à d’autres cancers, et pourrait conduire à améliorer les stratégies de prévention, de surveillance et de traitement.
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