Galon J, et al. Science 2006 ; 313 : 1960-4
Plusieurs arguments plaident en faveur d’un rôle de l’immunité adaptative dans la surveillance anticancéreuse et, en cas de développement tumoral, dans le contrôle de sa progression et de son éventuelle dissémination. Ainsi, l’infiltration lymphocytaire peut être associée à une inhibition de la croissance tumorale, tandis que les antigènes tumoraux déclenchent l’apparition d’une population de cellules mémoires persistant dans les tissus atteints même après ablation de la tumeur.
L’équipe de Jérôme Galon et de Franck Pagès (unité Inserm 255, Paris) avait déjà montré que la présence d’une forte quantité de lymphocytes T cytotoxiques et mémoires dans les tumeurs colorectales diminuait le risque de dissémination. Cette même équipe a cartographié la réponse immunitaire mise en oeuvre dans ces tumeurs, à partir de l’analyse des gènes exprimés par les cellules immunitaires, de leur densité et de leur répartition spatiale. Mis en regard de l’évolution clinique des patients, ces critères de réponse immunitaire représentent un élément pronostique de premier ordre.
Ainsi, alors que les critères actuels de pronostic des cancers colorectaux sont essentiellement fondés sur l’évaluation de l’extension de la tumeur, il pourrait leur être substitué celui de la qualité de la réponse immunitaire mise en oeuvre, un résultat probablement extensible à d’autres cancers... Ces marqueurs de la réponse immunitaire locale permettront de dépister les tumeurs à malignité de haut grade et d’associer des traitement adjuvants par rapport aux traitements conventionnels.
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