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Arsenic et leucémie aiguë promyélocytaire

Jeanne M., et al. Cancer Cell 2010 ; 18 : 88-98

Corps nucléaires PML marqués par l’arsenic fluorescent et représentation d’un pont disulfure.

Corps nucléaires PML marqués par l’arsenic fluorescent et représentation d’un pont disulfure.

La leucémie aiguë promyélocytaire est une maladie rare liée à la formation d’une protéine de fusion PML/RARA. Le trioxyde d’arsenic permet de guérir jusqu’à 70 % des patients atteints.

L’équipe de l’unité Inserm 944 menée par Hugues de Thé avait préalablement démontré que l’arsenic induit la dégradation de PML/RARA à travers un mécanisme original impliquant deux modifications post-traductionnelles successives de sa partie PML, d’abord par SUMO, puis par l’ubiquitine.
Néanmoins, le mécanisme par lequel l’arsenic déclenchait la modification de PML par SUMO restait incompris.

Par des approches de biochimie et de biologie cellulaire, Valérie Lallemand-Breitenbach et Marion Jeanne ont démontré que l’arsenic se fixe directement à PML et induit aussi la formation de ponts di-sulfures. Ces deux actions permettent la réticulation des protéines PML et PML/RARA qui s’agrègent alors en un réseau insoluble, les corps nucléaires. La formation de ce réseau permet la modification de PML par SUMO.
Ces travaux éclairent le mécanisme moléculaire de l’action curative de l’arsenic dans cette maladie. Ils suggèrent aussi que la protéine PML normale pourrait être un censeur du potentiel redox cellulaire.

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