Premier essai de prévention pré-exposition au VIH au sein de la population gay

06 janvier 2012

La phase pilote de l’essai IPERGAY mené par l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) vient d’être lancée. Menée en double aveugle et contre placebo, l’étude concernera à terme 1900 volontaires afin d’évaluer si un traitement antirétroviral pris de manière intermittente durant la période d’activité sexuelle, et associé à une stratégie globale et renforcée de prévention, peut réduire le risque d’être infecté par le VIH au sein de la population gay.

Informations complémentaires

L’essai ANRS Ipergay se déroulera à Paris (Hôpital Saint-Louis et Hôpital Tenon), Lyon (Hôpital de la Croix-Rousse) et sera mené ultérieurement au Québec, à Montréal (CHUM Hôpital Hôtel Dieu). Les personnes intéressées sont invitées à consulter le site d’information ipergay

Bien que les gays et les hommes séronégatifs ayant des relations avec les hommes (HSH) aient plus souvent recours au dépistage du VIH et à l’usage du préservatif que d’autres populations, on observe depuis près de 15 ans une augmentation des comportements à risque dans la plupart des pays du Nord chez les gays.

En matière de stratégie de prévention de l’infection par le VIH, l’utilisation des antirétroviraux, appelée prophylaxie pré-exposition ou "Prep", est une piste prometteuse. Les antirétroviraux ne sont en effet pas uniquement efficaces pour soigner les personnes séropositives, ils ont également, dans certaines circonstances, des effets préventifs. Les résultats encourageants obtenus récemment dans plusieurs études menées au sein de populations différentes (1) confortent la nécessité de poursuivre la recherche sur la prophylaxie pré-exposition dans les groupes les plus exposés.

Traitement antirétroviral "à la demande"

Les volontaires de l’essai ANRS IPERGAY (Intervention Préventive de l'Exposition aux Risques avec et pour les Gays) prendront un traitement antirétroviral "à la demande", pendant les périodes d’activité sexuelle. "Cette stratégie devrait permettre d'éviter les contraintes d'une prise permanente d'antirétroviraux, de favoriser ainsi une bonne observance de la prise du médicament et également permettre de limiter leurs effets indésirables potentiels ainsi que le coût du traitement" précise Jean-Michel Molina,responsable scientifique de l'essai (Université Paris 7 Diderot/ Hôpital Saint-Louis). L’étude comportera deux groupes : l’un dans lequel les participants recevront un traitement antirétroviral, dans l’autre un placebo. Ni le médecin ni le volontaire ne sauront s’ils prennent un traitement actif afin de ne pas susciter de prise de risque.

Prévention renforcée

Chaque participant, quel que soit le groupe auquel il appartiendra, se verra également proposer une offre renforcée de prévention : distribution de préservatifs, dépistages réguliers du VIH et des IST, vaccination contre les hépatites A et B. Les participants seront invités à des consultations à l’hôpital environ tous les deux mois pour des entretiens et des examens cliniques, dont des dépistages.

Un important volet de recherches en sciences sociales sera mené tout a long de l’essai par l’équipe de Bruno Spire (Inserm UMR 912, Marseille) qui permettra pour la première fois en France de disposer d’un suivi dans le temps des comportements dans cette population : profil des volontaires, comportements sexuels en particulier vis-à-vis du préservatif, observance de la prise de médicaments.

Note
(1) Nouvelle donne dans la prévention du VIH ? Inserm, 22 juillet 2011

Pour en savoir plus

Lire le communiqué de presse ANRS : http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Clinique/Actualites/Lancement-de-l-essai-ANRS-Ipergay.-Le-1er-essai-de-prevention-pre-exposition-du-VIH-pour-les-gays-en-France

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