Parmi les facteurs susceptibles d’altérer les capacités de conduite et provoquer des accidents, la distraction au volant fait l’objet d’une attention grandissante et, en particulier, la distraction liée à l’usage de systèmes de télécommunication. Le développement exponentiel et rapide des téléphones mobiles utilisés par tous dans toutes les situations de la vie quotidienne ainsi que la construction de véhicules de plus en plus équipés de systèmes de télécommunication justifient cette préoccupation.
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La Délégation à la sécurité et à la circulation routières a confié à l’Inserm, en association avec l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), la réalisation d’une expertise collective sur l’impact de l’usage du téléphone et des autres « distracteurs » sur la sécurité des usagers de la route.
Le bilan complet de la littérature scientifique mondiale sur le risque d’accident lié à l’usage du téléphone portable apporte les enseignements suivants :
Progressivement la téléphonie vocale recule au profit d’usages tactiles et visuels du téléphone – échanges de SMS mais aussi consultation d’Internet et d’applications sur des terminaux type SmartPhones - qui sollicitent encore davantage les capacités d’attention du conducteur. Le pianotage gagne du terrain. Ces pratiques émergentes provoquent des manipulations longues - maniement de claviers et d’écrans tactiles - associées à la lecture d’écrans qui mobilisent la vision et l’attention. Ces usages nouveaux constituent une source de distraction encore plus dangereuse pour la sécurité routière. C’est pourquoi depuis 2008 le Code de la route interdit "de placer dans le champ de vision du conducteur d’un véhicule en circulation un appareil en fonctionnement doté d’un écran et ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation." Cette infraction est punie d’une amende de 4ème classe.
Cependant, le développement de ces pratiques est préoccupant car elles se multiplient particulièrement pour :
L’enjeu le plus lourd est probablement celui de la montée en charge rapide de ces nouveaux modes de communication au volant dans un avenir proche. Ces évolutions laissent envisager des niveaux de risque croissants et nécessitent de poursuivre la réflexion pour mettre en place des mesures permettant d’enrayer les usages en contradiction forte avec la sécurité routière.
Chiffres-clés
- 8 Français sur 10 sont équipés d’un "portable".
- Près de la moitié des conducteurs utilisent un téléphone en conduisant.
- Le téléphone tenu à la main représenterait plus de 40% de l’utilisation du téléphone en conduisant.- Téléphoner en conduisant multiplie par 3 les risques d’accidents.
- En 2009, près d’1 accident corporel de la route sur 10 pourrait être associé à l’utilisation du téléphone en conduisant, soit plus de 7 230 accidents corporels.
- En moyenne le nombre d’usagers dans la circulation qui, à un instant « t », utilisent un téléphone portable est estimé en France à 2,3% pour le téléphone tenu à la main et à 6% tous systèmes confondus (à la main et dispositif mains-libres).
- Les conducteurs de poids lourds utilisent davantage leur téléphone portable (3,9% à un instant « t » tous systèmes confondus) que les conducteurs de camionnettes (3,4%), eux-mêmes plus grands utilisateurs que les conducteurs de véhicules légers (2,1%).
Téléphonie et sécurité routière : une Expertise collective de l’Inserm et de l’IFSTTAR (mai 2011)
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