Les collèges et lycées d’Aquitaine unis contre l’obésité

08 février 2013

Les établissements du secondaire de la région Aquitaine ont considérablement amélioré l’offre alimentaire faite aux élèves en dehors des cantines scolaires. Ce progrès passe par une réduction de l’offre en dehors des repas et par la disponibilité de produits plus équilibrés. Des résultats satisfaisants qui contribuent à lutter contre l’obésité des jeunes.

Les collèges et lycées de la région Aquitaine ont adopté depuis cinq ans une politique alimentaire (hors cantine scolaire) beaucoup plus favorable à la santé des élèves. Haro sur les distributeurs automatiques, fin de la vente de viennoiseries à la récréation ! Du pain, des fruits, ou encore une multiplication des points d’eau sont venus les remplacer. A l’origine de cette mutation : le lancement en 2005 du programme "Nutrition, prévention et santé des enfants et des adolescents Aquitaine" destiné à stabiliser l’obésité. La région n’est pas épargnée par ce problème et affiche, comme le reste du pays, un taux de surpoids et d’obésité infantiles de l’ordre de 15 %.

Une coordination régionale

En 2005, l’institut de Santé publique, d’épidémiologie et de développement (Isped-université de Bordeaux Segalen, labellisé par l’Inserm) qui coordonne ce programme en lien avec Agence régionale de santé s’est rapproché du service de santé scolaire du rectorat de l’académie de Bordeaux et des comités départementaux d’éducation à la santé*. Ensemble, ils ont élaboré des recommandations destinées à promouvoir la santé des élèves à l’école qui ont été relayées par le recteur en personne dans un courrier adressé à tous les directeurs d’établissements.

Pour le second degré, ce courrier rappelait notamment l’interdiction des distributeurs automatiques au sein des écoles (à compter de 2005), insistait sur l’intérêt de la consommation d’eau, de lait, de fruits ou encore de pain et, à l’inverse, honnissait les biscuits, barres chocolatées, viennoiseries et autres boissons sucrées. L’importance de proposer des produits alimentaires uniquement à des heures correspondant à celles des repas ou du gouter était soulignée.

Les foyers des élèves étaient particulièrement visés. Ces structures associatives qui contribuent à la vie de l’établissement (organisation de voyages scolaires, achat de matériel de sport…) récoltent en effet des fonds grâce à la vente de viennoiseries ou équivalents.

Des aliments moins disponibles et plus équilibrés

A cette époque, l’Isped a réalisé une première enquête pour évaluer l’offre alimentaire disponible dans les établissements, indépendamment de la cantine. L’expérience a été renouvelée cinq ans plus tard, avec un taux de participation de près de 80%.

Les résultats sont éloquents : la proportion d’établissements proposant de la nourriture en dehors de la cantine a diminué d’un tiers passant de 80 % à 50% en cinq ans. Celle des établissements disposant de distributeurs automatiques a chuté de 43,5 % à 7,2 %. La vente d’aliments et/ou boissons, notamment par les foyers, ne concernait plus que 32 % des établissements, contre 63 % en 2005. En outre, pour les établissements qui ont poursuivi les ventes, les auteurs ont noté une amélioration significative de la qualité des produits proposée en faveur de fruits, de compotes ou encore de pain.

Lutter contre les sollicitations

"Il s’agit de très bons résultats mais ils ne résultent pas d’un simple courrier. Il s’agit d’un travail de fond des partenaires, notamment des infirmières et médecins scolaires, pour faire adopter ces messages aux personnes concernées. Faire évoluer l’offre alimentaire en faveur de fruits ou de pain nécessite un accompagnement pédagogique pour aider les jeunes à accepter ces changements et à modifier durablement leurs habitudes alimentaires" explique le Dr Hélène Thibault, pédiatre, coauteur des travaux et coordinatrice du programme.

La chercheuse et son équipe poursuivent leur travail en intégrant de nouvelles données. Ils étudient par exemple l’impact de ces actions sur les comportements alimentaires des adolescents. "Il est certain que plus les sollicitations sont là et sont fortes, plus l’enfant cède facilement" conclut-elle.

Notes
*désormais Instance régionale d’éducation à la santé (IREPS)
** Unité 897 Inserm/ISPED/Université Bordeaux Segalen et CHU de Bordeaux

Source
C. Langevin et coll. Évolution de l’offre alimentaire hors restauration scolaire entre 2004–2005 et 2009–2010 dans les établissements du second degré d’Aquitaine. Rev. Epidemiol Sante Publique, édition en ligne du 24 janvier 2013

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