Contraception : la pilule cède (un peu) de terrain

13 septembre 2012

En France, une femme sur deux qui ne souhaite pas avoir un enfant utilise la pilule. Elles étaient 4,6 % de plus il y a dix ans, avant l’arrivée des implants, des patchs et des anneaux vaginaux contraceptifs.

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La pilule reste aujourd’hui le moyen de contraception le plus populaire en France : elle est en effet utilisée par la moitié des femmes âgées de 15 à 49 ans qui ne souhaitent pas être enceintes. Toutefois, pour la première fois depuis sa légalisation en 1967, la fréquence d’utilisation de la pilule diminue. Cette baisse (-4,6 % entre 2000 et 2010) est globalement compensée par l’adoption des nouvelles méthodes de contraception hormonale que sont l’implant, le patch et l’anneau vaginal.

Moins 10,4 % chez les 20-24 ans

La baisse du recours à la pilule est variable selon l’âge des femmes. Chez les 20-24 ans, elle atteint 10,4 % et n’est que partiellement compensée par le recours aux nouvelles méthodes hormonales (+ 5,1%). Cette baisse est à mettre en perspective avec la dégradation de leur situation économique au cours de la décennie écoulée : les jeunes femmes de 20 à 24 ans qui connaissent une situation financière délicate et qui ne vivent plus chez leur parents utilisent moins souvent la pilule que les autres.

Concernant les autres méthodes de contraception, une légère diminution de l’utilisation du stérilet et une progression de celle du préservatif ont été constatées. Environ 6 % des femmes utilisent toujours des méthodes telles que le retrait ou l’abstinence périodique. La stérilisation contraceptive est quant à elle rare, puisqu’elle concerne moins de 4 % des femmes. Enfin, l’étude indique que 3 % des femmes qui ne souhaitent pas être enceintes n’utilisent aucune méthode contraceptive.

Le stérilet sous-utilisé par les jeunes femmes

L’ensemble de ces évolutions ne permet cependant pas de rompre avec un modèle de contraception figé, ne privilégiant pas l’adoption des méthodes les plus efficaces (stérilet et implant) par les femmes les plus concernées par les grossesses non prévues. Le recours au stérilet reste en particulier marginal avant 30 ans et chez les femmes sans enfants. En dépit des recommandations de 2004 de la Haute autorité de santé précisant que le stérilet peut être utilisé à tous les âges, y compris chez les femmes qui n’ont pas encore eu d’enfants, seules 1,3 % des 15-49 ans sans enfants utilisaient un stérilet en 2010. Ce chiffre révèle un besoin d’information et de formation médicale pour lever le frein à la diffusion d’une contraception plus efficace pour les jeunes femmes.

Source
N. Bajos, C Moreau et coll. La contraception en France : nouveau contexte, nouvelles pratiques ? Population et sociétés. N°492, septembre 2012

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