Vers une meilleure prise en charge de la mort subite de l’adulte

09 septembre 2011

En France, la mort subite de l’adulte, ou arrêt cardiaque, fait environ 40 000 victimes par an avec un taux de survie faible. Le Centre d’expertise de la mort subite de l’adulte, inauguré vendredi 9 septembre à l'Hôpital Européen Georges Pompidou (AP-HP), permettra de coordonner les différents acteurs de la prise en charge (SAMU, réanimateurs, cardiologues…), recueillir des données pour la recherche sur cette pathologie encore méconnue et former aux gestes qui sauvent. Un objectif : améliorer rapidement le taux de survie des patients.

La mort subite de l’adulte touche le plus souvent des personnes relativement jeunes avec un taux de survie qui ne dépasse pas actuellement 3% en France.

Une pluralité d’acteurs intervient généralement dans la prise en charge des adultes touchés par une mort subite : les pompiers, le SAMU, les réanimateurs, les cardiologues mais aussi les médecins généralistes, psychologues et spécialistes de santé publique.

Le Centre d’expertise implanté sur le site de l’Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP) et piloté par le Pr Xavier Jouven (cardiologue à l’Hôpital européen Georges-Pompidou et responsable d’équipe mixte de recherche Inserm-Université Paris Descartes) permettra un recueil en temps réel des cas d’arrêt cardiaque survenus en Ile-de-France, grâce à une collaboration avec le Samu et la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris.

Centre d'expertise mort subite de l'adulte - Hôpital Européen Georges-Pompidou

L’Inserm organise la récupération des données de réanimation pré-hospitalière, la mise en place du suivi des survivants dès leur arrivée en réanimation et le dépistage systématique des apparentés du 1er degré.

"Le taux de survie que nous observons en France n'est pas une fatalité puisque la ville de Seattle parvient à un score de 25%, au terme de plusieurs décennies de formation et d'organisation des services de soin. Il y a donc une marge de progrès considérable" affirme André Syrota, président directeur général de l’Inserm.

Rechercher des facteurs de risque

Au plan de la recherche, le Centre d'expertise va permettre une triple approche en population, en clinique et en science fondamentale pour préciser l'étiologie de la mort subite, ses facteurs de causalité et donc aussi de risque.

Depuis 2006, plusieurs études épidémiologiques sont menées par le Centre, dont l’une portant sur 10 000 sujets suivis sur une durée de 25 ans, afin d’identifier les marqueurs génétiques qui caractérisent les populations à risque. Une collecte de sang a été réalisée en parallèle chez 2 000 personnes décédées d’une mort subite en France. Cette étude permet de rechercher les éventuelles mutations génétiques qui pourraient favoriser la mort subite.

"Le Centre d'expertise de la mort subite de l'adulte permettra des avancées importantes dans le domaine du soin. Mais il représente plus encore : c'est une première mondiale sur une pathologie qui est encore, à bien des égards, une énigme pour la recherche" poursuit André Syrota.

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