Un gène de tolérance à la greffe de rein

10 décembre 2012

Le gène PARVG pourrait constituer un biomarqueur de la « tolérance » à la greffe de rein et permettre d’adapter le traitement immunosuppresseur des patients greffés. C’est ce laissent espérer les travaux d’une équipe de l’Inserm, conduits chez des greffés rénaux qui ont interrompu leur traitement immunosuppresseur.

Informations complémentaires

A voir aussi, une vidéo sur la tolérance aux greffes, avec Sophie Brouard, extraite de la collection « Rêves de recherche, rêve de chercheurs »
Pour en savoir plus sur les greffes d’organes, consultez notre dossier d’information

La greffe de rein permet de prolonger l’espérance de vie en cas d’insuffisance rénale terminale. Chaque année, près de 3 000 patients en bénéficient et, en 2009, 33 000 personnes étaient porteuses d’un greffon rénal en France. Cette intervention doit être associée à la mise en place d’un traitement immunosuppresseur, destiné à protéger le greffon contre la réponse immunitaire du patient. Ce traitement réduit l’activité du système immunitaire et permet ainsi l’absence de rejet de l’organe reçu. Néanmoins, il s’accompagne d’effets indésirables et d’un risque accru d’infections. De plus, il est incompatible avec des pathologies secondaires telles que le lymphome. Pour ces différents motifs, certains patients l’interrompent après concertation, ou non, avec leur médecin. « Cet arrêt s’accompagne en général d’un rejet de greffe prématuré. Mais dans un certain nombre de cas, le patient reste tolérant à sa greffe» explique Sophie Brouard. Ce phénomène intrigue les scientifiques qui cherchent à comprendre pourquoi et comment ces personnes tolèrent naturellement leur greffon.

Un gène identifié

De précédents travaux ont montré que 49 gènes sont exprimés de façon différente dans les cellules sanguines des personnes tolérantes à leur greffon en l’absence de traitement immunosuppresseur, par rapport aux autres patients transplantés. « Il s’agit en quelques sortes d’une empreinte de la tolérance » résume Sophie Brouard*.

La chercheuse et ses collègues ont décidé d’aller plus loin en s’intéressant au polymorphisme de ces gènes, c’est-à-dire aux petites variations qui peuvent caractériser leur séquence. Pour cela, l’équipe a étudié le génome de 164 greffés ayant interrompu leur traitement, parmi lesquels 11 étaient parfaitement tolérants à leur greffon.

Les auteurs ont constaté que l’un des gènes étudiés présentait des variations de séquences d’une personne à l’autre et que l’une de ces variations était retrouvée dans 60 % des cas chez les personnes tolérantes à la greffe, contre seulement 28% chez les autres. Le gène en question se nomme PARVG. Son rôle dans la tolérance reste à élucider.

Un marqueur de tolérance

« Le fait que certaines personnes soient tolérantes à leur greffon incite à rechercher des marqueurs de cette tolérance afin d’adapter au mieux leur traitement. Réduire les doses d’immunosuppresseurs permettrait par exemple de limiter les effets indésirables. Ce gène PARVG pourrait bien être l’un de ces marqueurs. C’est ce qu’il faut à présent valider » conclut la chercheuse.


Note :
*Unité Inserm 1064, Centre de recherche en transplantation et immunologie (CRTI), Nantes

Source :
Danger et coll. PARVG gene polymorphism and operational renal allograft tolerance.
Transplantation Proceedings, vol. 44(9), pp. 2845-2848, novembre 2012

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