Radiothérapie : les risques pour la thyroïde

18 janvier 2013

Une nouvelle étude indique que, si les cancers de la thyroïde sont plus nombreux chez les patients qui ont subi une radiothérapie dans leur enfance, ils ne sont pas plus graves. L’idéal reste de dépister ces cancers au plus tôt, grâce à une surveillance prolongée, sur une période de 15 à 20 ans.

Un antécédent de radiothérapie dans l’enfance n’aggrave pas le pronostic en cas de cancer de la thyroïde ultérieur. Cette donnée rassurante provient de l’étude d’un registre français par une équipe de l’Inserm*.

Les chercheurs ont voulu savoir si des enfants traités par radiothérapie, pour n’importe quel type de cancer, présentaient un risque accru de mortalité et de rechute après un cancer de la thyroïde survenant ultérieurement. Pour cela, ils ont travaillé à partir du registre des cancers de la thyroïde de la région Rhône-Alpes. Ils ont identifié 413 jeunes patients âgés en moyenne de 17 ans, diagnostiqués entre 2002 et 2006. Parmi eux, 24 avaient subi une radiothérapie dans leur enfance.

Les auteurs ont immédiatement constaté que les tumeurs de ces derniers étaient plus agressives. « Leur présentation clinique était moins bonne avec davantage de tumeurs invasives ou de ganglions associés » explique Françoise Borson-Chazot, co-auteur des travaux. « Néanmoins, cela n’a pas eu d’incidence sur le pronostic de ces cancers ». Et en effet, à l’issue d’un traitement suivant les recommandations en vigueur et de six ans et demi de suivi, les auteurs n’ont pas constaté de différence en termes de mortalité et de rechute entre les patients qui avaient subi une radiothérapie dans l’enfance et les autres.

Un suivi annuel indispensable

La thyroïde est une glande particulièrement sensible aux radiations ionisantes reçues pendant l’enfance. L’accident de Tchernobyl l’a concrètement démontré. Avant l’âge de 15 ans, le risque de cancer thyroïdien augmente proportionnellement à l’intensité du rayonnement reçu et persiste pendant des années après l’exposition. A ce titre, tous les enfants soumis à une radiothérapie avant cet âge dans le cadre d’un traitement anti-cancéreux doivent être contrôlés par une échographie annuelle de la thyroïde.

Dépisté tôt, ce cancer est en général de bon pronostic, malgré des rechutes observées dans 10 à 20 % des cas.

Françoise Borson-Chazot note que dans ce registre de Rhône-Alpes, les cancers dépistés avant l’âge de 20 ans chez des personnes ayant subi une radiothérapie sont plus souvent de petite taille. « Ces jeunes patients sont encore suivis dans un cadre onco-pédiatrique qui assure un dépistage régulier » explique-t-elle. « Cela se complique après, quand ils quittent cet environnement et se retrouvent dans un parcours de soins classique. Une surveillance annuelle reste nécessaire car le cancer peut survenir 15 ou 20 ans après l’irradiation. Les patients et les médecins doivent en être bien informés » rappelle-t-elle.


Note :
*Unité Inserm 1052, Centre de recherche en cancérologie de Lyon

Source :
G. Sassolas et coll. Thyroid Cancers in Children, Adolescents, and Young Adults with and without a History of Childhood Exposure to Therapeutic Radiation for Other Cancers. Thyroid, édition en ligne du 3 janvier 2013

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