Optimiser le dépistage des troubles du rythme cardiaque après un accident vasculaire cérébral

19 novembre 2012

Une équipe de l’Inserm vient de développer un score permettant de prédire le risque de développer une « fibrillation atriale » permanente chez les patients ayant fait un accident vasculaire cérébral (AVC) d’origine indéterminée. Ces troubles du rythme cardiaque responsables de certains AVC sont parfois indétectables au moment de l’hospitalisation. Or, ils évoluent avec le temps et peuvent devenir permanents, faisant courir un risque majeur de récidive ischémique* pour le patient.

La fibrillation atriale se manifeste par des troubles du rythme cardiaque. Loin d’être anodine, cette pathologie qui peut être transitoire ou permanente est à l’origine d’accidents ischémiques* comme des infarctus du rein, de la rétine, des membres, mais également d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) qui peuvent être fatals.
Il est parfois difficile de statuer sur sa responsabilité dans certains AVC ischémiques en phase aiguë, qui restent alors d’origine inconnue. « Cela s’explique par le fait que ces troubles du rythme cardiaque sont le plus souvent transitoires à leurs débuts, ce qui les rend parfois indétectables lors des monitoring cardiaques réalisés pendant les hospitalisations. Mais nous savons que certains patients chez lesquels la cause de l’accident reste indéterminée vont récidiver en raison de l’existence d’une fibrillation atriale transitoire » explique le Dr Jean-Marc Bugnicourt de l’unité neuro-vasculaire au CHU d’Amiens (Inserm U 1088).

Un risque important de récidive d’AVC en cas de fibrillation atriale

Il est pourtant fondamental d’identifier ces troubles du rythme car ils font courir un risque majeur de récidive ou de survenue d’autres accidents ischémiques graves. A ce titre, le Dr Jean-Marc Bugnicourt et ses collègues ont développé un score permettant d’évaluer le risque de fibrillation atriale permanente chez des patients hospitalisés pour un AVC d’origine inconnue. A partir d’une cohorte de 164 patients, ils ont constaté que le fait d’être âgé de plus de 72 ans, d’avoir un antécédent d’accident vasculaire cérébral et/ou de maladie coronarienne ou encore une dilatation de l’oreillette gauche augmentait le risque de développer une fibrillation atriale dans les deux à trois ans suivant un AVC d’origine inconnue. Ce fut le cas de 13% des patients inclus dans cette étude.

A partir de ces paramètres, ils ont développé un score de risque en cinq points. « Ce type de score est très facile et rapide à utiliser. Il permet de donner l’alerte face à certaines variables, de renforcer la surveillance des patients à risque et d’adapter le traitement médicamenteux si nécessaire » explique Jean-Marc Bugnicourt, coauteur de l’étude. « A l’inverse, les patients qui ne présentent aucun des paramètres qui entrent en compte dans ce score ont un risque quasiment nul de développer une fibrillation atriale permanente » illustre-t-il.

(*)L’ischémie correspond à une diminution de l'apport en sang, et donc en oxygène, dans un organe. Elle est le plus souvent causée par le rétrécissement d’une artère ou par la présence de caillots bloquant le flux sanguin.


Source :
J.-M. Bugnicourt et coll. Predictors of newly diagnosed atrial fibrillation in cryptogenic stroke: a cohort study. European Journal of Neurology. Edition en ligne avancée du 4 novembre 2012

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