Au marathon de New-York, les plus de 40 ans représentent désormais la moitié des participants. Avec des performances qui n’ont cessé de s’améliorer au cours des vingt dernières années. Publiés dans la revue AGE, ces travaux sur des athlètes seniors menés par une équipe de l’Inserm à l’Université de Bourgogne visent notamment à mieux comprendre la plasticité de la fonction motrice au cours du vieillissement et la place de l’exercice physique dans le "bien vieillir".
Les performances des meilleurs marathoniens de plus de 65 ans et marathoniennes de plus de 45 ans se sont particulièrement améliorées au cours des vingt dernières années, alors que celles des plus jeunes sont restées stables constatent des chercheurs de l’Unité Inserm 1093 "Cognition, Action, et Plasticité Sensorimotrice" de l’Université de Bourgogne après avoir analysé les performances chronométriques des concurrents du marathon de New York selon l’âge et le sexe sur la période 1980-2009.
Alors que la moyenne des temps réalisés par les 10 meilleurs athlètes hommes et femmes des catégories d’âge inférieures à 60-64 ans n’a pas changé au cours des 30 dernières années, les temps ont nettement diminué pour les catégories d’âge supérieures : Sur un temps moyen réalisé sur marathon de 3h50min, les hommes de la catégorie 65-69 ans ont par exemple gagné 8 minutes entre les années 1980 et 1990 et 7 min entre les années 1990 et 2000. De même, pour les femmes, la moyenne des temps a diminué significativement dans les catégories d’âge supérieures à 45-49 ans.
Ces dernières années, l’écart de performance entre les hommes et les femmes s’est stabilisé quel que soit l’âge, ce qui suggère par ailleurs que le déclin des fonctions physiologiques avec l’âge est similaire quel que soit le sexe.
Les chercheurs ont également observé une forte augmentation de la participation des athlètes de plus de 40 ans au marathon de New York, qui est passée de 36 % de l’effectif masculin total entre 1980 et 1989, à 53 % pour la décennie 2000-2009 et de 24 à 40 % sur ces mêmes périodes chez les femmes.
"L’amélioration des performances peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de participants observé dans ces catégories d’âge, mais aussi par l’intérêt croissant que porte cette population aux bénéfices de l’activité physique pour sa santé et son bien être", estime Romuald Lepers, dont le travail sur la plasticité de la fonction motrice au cours du vieillissement s’insère dans la thématique de recherche plus globale de l’unité Inserm 1093 "Cognition, Action, et Plasticité Sensorimotrice" dirigée par Thierry Pozzo.
Pour les chercheurs, ces premières données sur les athlètes de plus de 40 ans contribueront, ajoutées à celles recueillies en physiologie et sociologie notamment, à mieux comprendre la place de l’exercice physique dans la contribution au "bien vieillir". Les mécanismes par lesquels l’activité physique agit de façon bénéfique sur le ralentissement des processus liés au vieillissement restent toutefois à explorer.
Source
Lepers et coll. Do older athletes reach limits in their performance during marathon running?
Age (Journal of the American aging association) 2011 May 27
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