Lire fait appel au mouvement

12 décembre 2012

Associer l’apprentissage de l’écriture et de la lecture faciliterait la capacité à lire. Des chercheurs de l’Inserm viennent en effet de montrer que le fait de lire active une région du cerveau impliquée dans le mouvement, aussi bien chez des Français que chez des Chinois.

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Les systèmes d’écriture diffèrent à travers le monde, depuis les alphabets occidentaux qui notent précisément chacun des sons qui composent les mots, jusqu'aux idéogrammes chinois où un signe correspond à peu près à un mot entier. Pourtant, la lecture fait appel à des systèmes cérébraux qui semblent remarquablement homogènes quelque soit le type d'alphabet. Une équipe de l’Inserm vient de montrer, en collaboration avec l'université de Taïwan, que la lecture de mots manuscrits met en jeu deux régions du cerveau, respectivement impliquées dans la reconnaissance des formes et dans la reconnaissance des mouvements. Et ceci de façon similaire pour les différentes formes d’écriture.

Français et Chinois lisent de la même façon

Pour parvenir à cette découverte, les chercheurs ont demandé à des volontaires Français et Chinois de lire différents mots dans leur langue maternelle. Grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), ils ont pu observer leur activité cérébrale pendant cet exercice.

Les mots à lire pouvaient être présentés de façon statique, ou être tracés sous les yeux des volontaires. Dans ce cas, ils pouvaient être tracés dans le sens normal ou à l'envers. Les mots pouvaient également être présentés intacts ou bien artificiellement déformés. Ces manipulations ont permis de distinguer, lors de la lecture, l'intervention d'une région du cortex visuel sensible à la forme mais pas au mouvement et celle d'une région du cortex prémoteur sensible au mouvement d'écriture.

« La lecture via le mouvement joue un rôle un peu plus important en chinois qu'en français. D’ailleurs, les lecteurs du chinois tracent parfois les lettres dans le creux de leur main pour mieux les reconnaître » explique Laurent Cohen*, coauteur des travaux. « Mais cette étude montre tout de même que ces deux systèmes interviennent de façon quasi identique dans les deux cultures et que, malgré les variations culturelles, la lecture met en jeu un système cérébral universel ».

Apprendre à lire et à écrire en même temps

Si deux régions cérébrales semblent fondamentales pour lire, seul celle impliquée dans la reconnaissance des lettres par le système visuel est indispensable : « Si ce système est endommagé à la suite d’une lésion cérébrale, la lecture peut devenir impossible, ce qui n’est pas le cas du système de reconnaissance du mouvement » précise Laurent Cohen.

Pour le chercheur, ces résultats aident par ailleurs à comprendre pourquoi l’apprentissage simultané de l’écriture aide les enfants à apprendre à lire.


Note :
*Unité Inserm 975, Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (Paris)

Source :
Nakamura et coll. Universal brain systems for recognizing word shapes and handwriting gestures during reading. Proc Nalt Acad Sci USA, édition en ligne avancée du 26 novembre 2012

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