Le nævus géant mieux connu

03 décembre 2014

Une poignée des cellules qui composent les nævi géants, ces grains de beauté qui surviennent au cours du développement fœtal et qui peuvent s’étendre sur une grande partie du corps, possède des capacités prolifératives particulières. Et ces cellules pourraient bien être associées au risque d’évolution des nævi géants en cancer… Les chercheurs à l’origine de cette découverte proposent une piste thérapeutique pour les éliminer.

Naevus géant congénital © LWozniak&KWZielinski

Naevus géant congénital

Une alternative à la chirurgie en cas de nævus géant ? Cette perspective est encore lointaine, mais les chercheurs ouvrent progressivement les portes et proposent des clés de plus en plus pertinentes pour le développement de futurs médicaments. Ainsi, une équipe Inserm* qui vient de caractériser une sous-population de cellules prolifératives présentes dans les nævi géants qui pourraient être associées à leur extension et au risque d’évolution maligne.

Plus de la moitié du corps peut être touché

Le nævus géant est un grain de beauté très sombre qui apparait au cours du développement fœtal, le plus souvent suite à l’apparition d’une mutation affectant un gène nommé NRAS. Il s’étend en même temps que l’enfant grandit et peut parfois couvrir plus de la moitié de la surface corporelle à la naissance. Toutes les parties du corps peuvent être touchées, le tronc, le crâne, le visage ou les membres. L’aspect inesthétique des nævus géant est très problématique sur le plan social. Mais ils peuvent en outre évoluer en cancer, généralement en mélanome, une tumeur de la peau agressive qui entraine souvent l’apparition de métastases. Le risque est d’environ 2% pour un nævus de diamètre supérieurs à 20 cm à l’âge adulte.

Le gène NRAS, cible crédible

Les chercheurs ont réalisé une série d’expériences qui les a conduits à mettre en évidence une  sous-population de cellules issues des nævi géants, porteuses d’une mutation affectant le gène NRAS, qui est capable de se multiplier de façon prolongée en culture (en présence de keratinocytes, des cellules de la peau). En injectant ces cellules à des souris (immunodéprimées pour qu’elles n’éliminent pas ces cellules étrangères), les chercheurs ont constaté qu’elles pouvaient conduire à la formation d’une tumeur mimant un nævus.

"Ces cellules semblent jouer un rôle important dans l’extension du nævus et sont peut être impliquées dans l’évolution de cette tumeur bénigne en tumeur maligne, estime Sarah Guégan, coauteur des travaux. Nous devons encore le vérifier, mais si c’est bien le cas, l’idée serait alors de développer des médicaments qui ciblent les mutations NRAS, afin d’inhiber la prolifération de ces cellules. Des produits bloquant d’autres molécules de la chaine de signalisation NRAS sont en cours de développement et pourraient également être intéressants pour la mise au point d’un traitement médical destiné aux patients porteurs d’un nævus géant", conclut-elle.

Note

*unité 938 Inserm/Université Pierre et Marie Curie, Centre de recherche Saint-Antoine, Paris

Source

C. Charbel et coll. Clonogenic cell subpopulations maintain congenital melanocytic nevi. J Invest Dermatol, édition en ligne du 13 octobre 2014

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