Hépatite B, une mortalité accrue en raison des complications

09 mars 2015

Les personnes infectées de façon chronique par le virus de l’hépatite B ont un risque de décès prématuré accru de 70% par rapport à la population générale. Les complications liées à la maladie, en particulier la survenue d’un carcinome hépatocellulaire, d’un lymphome non-Hodgkinien ou d’une maladie hépatique, sont en cause. Un constat qui conforte l’intérêt de la vaccination chez les enfants.

Informations complémentaires

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De quoi meurent les personnes infectées par le virus de l’hépatite B (VHB) en France ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre une équipe Inserm* en suivant plus de 1 100 patients pendants plus de 8 ans en moyenne.

En France, la majorité des individus est protégée de l’infection grâce à la vaccination réalisée chez l’enfant. Néanmoins, de nombreuses personnes ne sont pas immunisées et sont exposées au virus au cours de leur vie. Ainsi, pas moins de 280 000 personnes dans l’hexagone souffrent aujourd’hui d’une l’hépatite B chronique. Entre 15% et 40% d’entre eux développent une cirrhose, une insuffisance hépatique ou encore un carcinome hépatocellulaire.

Une cohorte de plus de 1 100 patients

Virus de l'hépatite B (VHB) qui infecte les cellules et est entouré par une enveloppe. La détection de ces enveloppes dans un prélèvement de sang constitue le moyen le plus habituel de diagnostiquer l'infection. © Inserm, P. Tiollais

Virus de l'hépatite B (VHB)

Souhaitant évaluer les risques de décès prématuré chez ces personnes par rapport à la population générale, mais aussi dans l’objectif d’identifier les facteurs prédictifs de mortalité, une équipe Inserm a constitué entre 1994 et 2009 un registre incluant 1 117 patients (56% d’hommes et 44% de femmes, âgés en moyenne de 38 ans). Toutes les personnes nouvellement diagnostiquées au cours de cette période dans les départements de la Côte d’Or et dans le Doubs ont été incluses et suivies pendant environ 8 ans. Plus de 12% de l’effectif est décédé au cours de l’étude.

Cette cohorte a également permis d’obtenir des données sur les circonstances de l’infection par le VHB : Dans 65% des cas, les patients avaient vécu dans une région endémique. Dans 9% des cas, l’infection était associée à des pratiques à risque (usage de drogues, tatouages...). Dans 6% des cas, elle résultait d’une contamination au cours de soins (transfusions, chirurgie...). Dans les autres, le mode de contamination n’a pas été déterminé.

Une surmortalité importante

En termes de mortalité, il est apparu que les personnes infectées par le VHB ont un risque de décès accru de 70% par rapport à la population générale, une augmentation importante largement liée aux complications de l’infection. Si le risque de décès par accidents cardiovasculaires de ces patients est semblable à celui de la population générale, leurs risques de décès par maladie hépatique, carcinome hépatocellulaire et lymphome non-Hodgkinien sont respectivement multipliés par 10, 16 et 9 ! L’incidence du lymphome non-Hodgkinien augmente dans cette population de patient en raison du rôle oncogène du VHB sur les lymphocytes.

Globalement, les trois principales causes de décès observés dans cette cohorte sont un cancer (42% des décès), un accident cardiovasculaire (18%), une maladie hépatique (12%).

Les auteurs ont par ailleurs identifié plusieurs facteurs de risque de décès précoce chez ces patients : une consommation d’alcool importante, une forte charge virale ou des complications déjà existantes au moment du diagnostic, être âgé de plus de 45 ans ou être un homme (peut-être associé la consommation d’alcool, plus importante que chez les femmes), ou l’exposition importante aux infections nosocomiales, par exemple en cas de séjour prolongé en service de réanimation.

La vaccination incontournable

Pour les auteurs ces résultats réaffirment l’intérêt de la vaccination contre l’hépatite B. "La vaccination protège des infections aiguës, du cancer du foie et plus généralement d’une surmortalité imputable au VHB chez des adultes assez jeunes", confirme Anne Minello, coauteur des travaux. Elle est d’autant plus pertinente qu’aucun risque associé n’a été démontré à ce jour.

Note

*unité 866 Inserm/Université de Bourgogne, Dijon

Source

Montuclard et coll. Causes of death in people with chronic HBV infection: a population-based cohort

Study. J. Hepatol, édition en ligne avancée du 24 janvier 2015

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