Cibler les ARN pour vaincre les tremblements

10 septembre 2012

En parvenant à mettre au point un composé qui cible une forme d’anomalie génétique particulière, des chercheurs ont peut-être découvert un traitement pour les patients souffrant du syndrome de tremblement et d’ataxie lié à une pré-mutation de l'X fragile.

Des travaux américains, réalisés en collaboration avec une équipe de chercheurs de l’Inserm (1), offrent un nouvel espoir aux personnes atteintes du syndrome de tremblement et d’ataxie lié à une pré-mutation de l'X fragile (FXTAS). Le syndrome FXTAS est une maladie neurodégénérative progressive, caractérisée par des symptômes proches de ceux de la maladie de Parkinson : tremblements, problèmes d’équilibre, rigidité musculaire, troubles de l’humeur et de la mémoire à court terme. La maladie affecte essentiellement les hommes de plus de 50 ans, porteurs d’une anomalie génétique localisée devant un gène nommé FMR1.

Une maladie liée aux ARN

Cette anomalie génétique (2) entraîne une perturbation de la synthèse de protéines nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. En effet, dans nos cellules, la synthèse des protéines se fonde sur l’utilisation d’informations contenues dans les gènes, composés d’ADN. Ces gènes sont transcrits en messagers composés d’ARN qui vont subir différentes modifications avant d’être traduits en protéines.

L’anomalie génétique responsable du syndrome FXTAS conduit à la production d’une grande quantité d’ARN anormaux, qui séquestrent les complexes moléculaires nécessaires à la maturation d’autres ARN messagers. Pour parvenir à traiter cette maladie, il est donc nécessaire de libérer ces complexes moléculaires des ARN anormaux.

Rétablir une synthèse protéique normale

C’est précisément ce que sont parvenus à faire Matthew Disney et ses collaborateurs : les chercheurs ont mis au point un composé capable d’agir sur les ARN anormaux pour rétablir une synthèse protéique normale dans la cellule.

L’efficacité et la sécurité de ce composé ont pour l’instant uniquement été testées dans des cellules cultivées en laboratoire : un long travail de développement sera donc encore nécessaire avant qu’il puisse être envisagé de l’évaluer chez des patients. Toutefois, ces résultats sont encourageants, non seulement pour la prise en charge du syndrome FXTAS, mais aussi pour celle d’autres pathologies liées à des anomalies génétiques similaires, comme les dystrophies myotoniques ou la sclérose latérale amyotrophique.

Source :
M. Disney et coll. A Small molecule that targets r(CGG)exp and improves defects in fragile X-associated tremor ataxia syndrome. ACS Chemical Biology. Edition en ligne avancée du 4 septembre 2012.


Notes :
(1) Unité Inserm 964, Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire, Illkirch
(2) Une expansion des répétitions de trinucléotides CGG

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